James Blunt : « Je ne suis pas qu’un mec triste avec une guitare »

Le chanteur britannique James Blunt est de retour dans les bacs avec « The Afterlove », un cinquième album plus électronique et positif. Rencontre avec un artiste accompli.

 

Avec son regard bleu azur, sa guitare à la main et sa voix entonnant le célèbre You’re Beautiful, James Blunt a marqué toute une génération de fans. Plus de 10 ans après son premier opus, l’artiste britannique revient dans les bacs avec un cinquième album plus énergique.

 

 

The Afterlove, ce sont 13 titres plus électro et punchy, fruits de collaborations avec Ed Sheeran et Ryan Tedder. De quoi faire valser cette image de« chanteur romantique à guitare » dixit l’intéressé, qui lui colle à la peau. C’est un James Blunt confiant et fier de ce nouvel opus, que nous avons rencontré. Confidences.

 

 

JDF : L’année dernière, vous aviez tweeté « Si vous pensiez que 2016 était pourrie, je sors un album en 2017 ». Nous y sommes !

 
James Blunt : Nous y sommes et j’ai très peur.

 

 

Pourquoi ?

 

 

Parce que c’est un album dont je suis fier. Il m’a fallu deux ans pour le faire mais je voulais m’assurer de créer quelque chose qui me convienne totalement. En temps normal, j’écris 25 titres pour n’en retenir que 10, tandis que là, j’en ai écrit une centaine.

 

 

Puis, j’ai collaboré avec des personnes incroyables et ai voyagé dans le monde entier. Cela m’a permis de retrouver cette énergie et cette confiance perdues au fil du temps. Quand tu fais quelque chose dont tu es fier, tu aimerais que le public pense la même chose… J’ai donc peur de sa réaction.

 

 

 

Vous avez récemment déclaré dans une interview que cet album aurait de « terribles critiques ». Pas très optimiste tout ça…

 

 
En réalité, je me fiche des critiques car cela laisse souvent transparaître l’ego du critique en question. Il faut avant tout prendre en compte ce que pense le public. Le directeur du label réfléchit à ce qui peut potentiellement fonctionner en radio, tandis que le public me dit honnêtement s’il aime ou pas une chanson.

 

 

Cet album – plus électronique – est différent des précédents. Pourquoi ce changement ?

 

 
J’ai longtemps été considéré comme un mec triste avec une guitare… Je suis fier de ce que j’ai fait et je remercie les personnes qui me suivent depuis le début, mais je n’aime pas me répéter. Il me fallait quelque chose de nouveau, plein d’énergie et de confiance.

 

Vous savez, je ne suis pas qu’un garçon triste et romantique comme on le pense souvent ! Un mec qui parle autant d’échecs dans ses relations n’est pas romantique, ça montre juste qu’il est mauvais en amour. Je voulais que cet album reflète cette facette plus confiante de ma personnalité, et cela n’a pas été évident !

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En quoi cela n’a pas été évident ?

 
J’ai proposé deux versions de l’album à ma maison de disques. Une première qui se rapprochait de ce que j’avais pu faire et qui fonctionnerait à coup sûr, et une seconde plus amusante et audacieuse.

 

 

Lorsque la maison de disques a penché vers le disque classique, j’ai appelé Ryan Tedder (auteur, compositeur, interprète américain qui a co-écrit quelques titres de l’album, ndlr), qui m’a fait travailler la deuxième proposition. Il trouvait que mon épanouissement et mon bonheur se ressentaient vraiment dans ce disque. On sent que je m’amuse, et c’est l’esprit de l’album.

 

« Ed Sheeran m’a appris à écrire »

 

Vous avez co-écrit certains titres de l’album avec Ed Sheeran. Vous avez même déclaré à son sujet qu’il vous « avait appris à écrire ». Comment ça ?

 
Elton John m’a présenté Ed il y a quelques années et, depuis, nous sommes devenus proches sans pour autant écrire ensemble. J’ai toujours eu peur que cela nuise à notre amitié si nous n’avions pas aimé cela. Finalement, nous avons été skier, je lui ai appris à skier et Ed m’a appris à écrire des chansons. Il m’a conseillé de revenir à mon écriture plus ouverte des débuts. Ça a été un bon exercice. Nous nous sommes amusés à le faire et j’ai beaucoup appris à ses côtés.

 

 

Les premières paroles de l’album sont « les gens disent des choses méchantes, oui, on m’a traité de connard ». Vous accordez de l’importance à ce qu’on dit de vous sur les réseaux sociaux ?

 
J’essaye de ne pas être trop affecté par ce que je peux lire. Si c’était le cas, cela serait irrespectueux envers les personnes qui viennent à mes concerts ou envers les 20 millions de personnes qui ont acheté mes albums.

 

 

Il faut prendre du recul et penser plutôt aux personnes qui ont acheté une place pour venir te voir, pris le train, fait la queue sous la pluie pendant des heures pour ton concert. Ils y ont mis du leur tandis que le mec qui a écrit un truc pourri tout seul, chez lui, n’a fait que ça. Pourquoi me focaliser sur cette personne-là ?

 

 

Vous faites souvent preuve d’autodérision sur Twitter. Est-il plus simple d’écrire un bon tweet ou une bonne chanson ?

 
Une chanson. Je ne fais que m’amuser sur Twitter. Plutôt que de dire aux gens d’acheter mon album, je fais des blagues. C’est mieux non ?

 

 

Un artiste que vous appréciez ?

 

 

J’adore The Weeknd mais j’aimerais collaborer avec Stromae. Je pense que c’est l’un des artistes les plus créatifs et doués du moment.

 

 

The Afterlove, Warner, dans les bacs le 24 mars 2017