L’infertilité touche 15% des couples marocains

Un total de 800.000, soit 15 % des couples marocains souffrent de l’infertilité, dont 30% chez les femmes, 30% chez les hommes et 40% chez les couples, a indiqué, samedi à Rabat, le Secrétaire générale du Collège marocain de fertilité (CMF), Abdelouahab Bachouchi

Intervenant à l’ouverture du colloque national sur l’assistance médicale à la Procréation (AMP) sous le signe « L’AMP, entre l’encadrement juridique et les contraintes de l’exercice », Pr Bachouchi a souligné que cette rencontre nationale se veut une journée d’étude et de réflexion sur la nécessité de mieux cadrer les techniques de l’AMP qui existent depuis 30 ans.

Il a, dans ce sens, fait observer que l’infertilité est une problématique multifactorielle qui s’impose avec acuité au sein de la société, d’où la nécessité de faire le point sur les apports et les limites du projet de loi 47-17 relative à l’AMP, soumis au Parlement, et débattre quelques articles y afférents, afin de les rendre plus efficients au service des couples marocains souffrant d’infertilité et permettre au corps médical (médecins, biologistes et pharmaciens) de travailler en toute sérénité.

« A part le volet juridique, les mutuelles assurances ne couvrent presque pas du tout les charges de l’AMP », a-t-il fait observer, ajoutant que la couverture géographique et sanitaire reste insuffisante pour faire face aux problèmes de fertilité.

Le Pr Bachouchi a également mis l’accent sur l’importance de renforcer la formation à l’échelle universitaire en matière de la procréation médicalement assistée, soulignant que cette formation doit être actualisée et institutionnalisée, en vue de rapprocher les étudiants, les médecins et les biologistes des dernières technologies scientifiques relatives à l’AMP.

Pour sa part, le directeur général de l’Agence Nationale de l’Assurance Maladie (ANAM), Jilali Hazim a relevé que l’ANAM veille à ce que cette prestation soit prise en charge convenablement dans le cadre de l’assurance maladie, à travers le renouvellement des conventions internationales, la révision de la nomenclature des actes médicaux et l’intégration des médicaments qui rentrent dans l’AMP.

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De son côté, le président de la Société marocaine des sciences médicales (SMSM), Said Motaouakkil a indiqué que ce colloque entend plaidoyer pour la mise en place de lois encadrant l’AMP pour garantir plus de transparence et permettre aux couples de recourir à cette pratique dans le respect de l’éthique et de la déontologie.

Le débat suscité par ce projet de loi devra permettre aux représentants du corps médical et de la société civile, aux parlementaires et aux juristes d’échanger leurs points de vue pour aboutir à un consensus au niveau de cette loi, a-t-il dit.

A cause de ses répercussions médicales et sociales, la stérilité est devenue un véritable problème de santé publique, qui requiert une attention particulière au niveau de la politique de santé. Une situation qui impose la mise en place des mesures nécessaires pour garantir le droit des personnes privées de la possibilité d’enfanter, notamment en terme de couverture médicale de base couvrant les frais des médicaments, les traitements et les interventions chirurgicales d’assistance médicale à la procréation.

Organisé par l’association marocaine des sciences médicales(SMSM), sous l’égide de l’Ordre national des médecins (ONM), ce colloque a pour objectif de veiller à la conception d’une vision globale et complémentaire relative à l’AMP constituant l’un des dossiers scientifiques les plus délicats dans le domaine médical.

Les participants à cette rencontre ont débattu de plusieurs thèmes dont « Etat des lieux de l’AMP au Maroc », « Evolution de l’AMP et de son cadre juridique en Europe et dans les pays arabo-musulmans », « Témoignages sur l’infertilité et la difficulté de procréation » et « Lecture critique du projet de loi 47-14 relative à l’AMP ».

Ont pris part à ce Colloque d’éminents praticiens, marocains et étrangers, des juristes, des militants des droits humains, des académiciens de différentes spécialités, en plus d’acteurs de la société civile et de la scène politique.