Allier le yoga à la culture, c’est le pari un peu fou qu’a souhaité relever Charaf El Mansouri avec sa femme Nisma Benani en lançant Sunny Side Up, la première agence de voyage spécialisée dans les retraites bien-être au Maroc. Plurielle fait la lumière sur ce concept hybride.

Le yoga n’a jamais été aussi tendance que ces dernières années. La recherche du bien-être et de l’apaisement est en effet devenue nécessaire dans un quotidien effréné. Surfant sur cette vague, Charaf El Mansouri a réfléchi à une façon « d’apporter la lumière » tout en enrichissant culturellement les voyageurs. De là est né Sunny Side Up. Et quelle plus belle terre que le Maroc, riche à la fois d’une culture et d’une spiritualité uniques, pour débuter ce projet ? Rencontre.

Qui se cache derrière Sunny Side Up ? Derrière Sunny Side Up se cache la même équipe qui était à l’origine de Kahenas, le premier site de e-commerce marocain destiné aux artistes et designers.

Plurielle: Qui se cache derrière Sunny Side Up ?

Sunny Side Up: Derrière Sunny Side Up se cache la même équipe qui était à l’origine de Kahenas, le premier site de e-commerce marocain destiné aux artistes et designers. C’est avec ma femme Nisma Benani que nous avons lancé Sunny Side Up en février 2018. Pour ma part, j’ai une forte expérience dans l’entrepreneuriat (Kahenas, Playground Travel) et j’ai également travaillé pour Uber. Nisma quant à elle travaille en tant que directrice de production au sein de l’entreprise familiale à Casablanca et est également professeur de yoga certifiée qui pratique depuis plus de 10 ans.

En quoi Sunny Side Up est-il un concept innovant ?

La mission de la compagnie est de « partager l’abondance de la lumière où qu’elle se trouve ». Que ce soit avec Kahenas ou maintenant avec Sunny Side Up (SSU), notre objectif est de toujours créer des entreprises qui améliorent la conversation et apportent de la valeur à la communauté. Avec Sunny Side Up, nous avons voulu créer la première agence de voyage axée sur le bien-être au Maroc. Il y a tellement de beaux hôtels de charme et d’endroits dans le pays, ainsi qu’une riche tradition culturelle et spirituelle. Il était alors évident de faire découvrir notre pays sous cet angle. Combinez cela avec des leaders mondiaux du yoga et du bien-être et vous créez une expérience unique qui transformera à coup sûr nos invités. 

Comment vous est venue l’idée de lancer cette startup ? Pourquoi avoir choisi le Maroc ? Ce pays se prête-t-il plus à ce genre de séjours ?

L’idée de Sunny Side Up est venue d’une conclusion rationnelle. Je suis impliqué dans les voyages au Maroc depuis longtemps, d’abord en aidant des amis à organiser leurs excursions puis via une agence de voyages, Playground, que j’ai ouverte avec mon meilleur ami à Londres. D’un autre côté, le yoga m’a aidé à traverser des moments diffi ciles et m’a permis d’apporter un véritable équilibre dans ma vie. Alors quand j’ai décidé de quitter Uber, je savais que je voulais monter un projet qui allait permettre de partager « l’abondance de la lumière ». Avec Nisma, nous avons commencé à brainstormer et sommes sortis avec plusieurs idées : du lancement d’une marque branchée d’Amlou à l’ouverture de notre propre riad à Marrakech jusqu’à Sunny Side Up. Le segment du bien-être est celui qui connaît la plus forte croissance dans l’industrie du voyage. Or, au Maroc, l’industrie du bien-être en est encore à ses balbutiements. Avec notre expérience et notre passion, cela nous a donc semblé être une décision organique de nous concentrer sur ce segment-là. Malheureusement, les yoga shalas (salles de yoga) sont encore assez rares mais nous avons constaté un pic d’intérêt au cours de l’année écoulée qui obligera inévitablement les hôtels et les riads à s’adapter à cette offre.

En quoi le mélange de yoga et de culture est-il une source de bien-être ? Quelle est la mission de ce genre de retraites ?

Le bien-être est le nouveau mot à la mode dans les voyages et il est diffi cile de déterminer quelles expériences offrent un véritable bien-être et lesquelles sont simplement un subterfuge marketing. Chez SSU, la mission de nos retraites est d’offrir des expériences profondément transformatrices. Nous travaillons avec nos leaders du bien-être pour créer une expérience complémentaire qui apporte de nouvelles façons d’améliorer le bien-être et la culture. Notre retraite alliant yoga et festival Gnaoua qui vient de s’achever à Essaouira en est un parfait exemple. Nous avons présenté la musique gnaoua, son origine dans le soufisme et son importance dans l’histoire marocaine puis nous avons invité un maâlem à jouer durant l’une de nos pratiques de yoga du soir, créant ainsi une expérience de guérison profonde pour nos invités et un moment unique pour toutes les personnes concernées. 

Pensez-vous que la recherche du bien-être intérieur est devenue un but pour la plupart des Marocains, comme c’est le cas à l’international ? Comment expliquez-vous l’émergence de cette tendance ?

Je ne pense pas que les Marocains soient différents des autres êtres humains dans leur besoin de bien-être. Ayant vécu à Casablanca presque toute ma vie, le seul mot qui me vient à l’esprit pour décrire le quotidien dans cette ville est « violent ». Nous sommes tiraillés entre une société d’héritage et de tradition et un système de consommation. La recherche du bien-être mental appartient au domaine de la « h’shouma ». Voir un psychologue est toujours considéré comme un signe de maladie. Mais je suis un éternel optimiste et je pense vraiment que ces choses vont changer et rapidement. Ce n’est pas une tendance, c’est une nécessité. Si SSU peut offrir des expériences qui permettent aux gens de se détendre, de se déconnecter et de trouver un but alors je crois qu’aucun autre travail ou carrière n’est plus enrichissant.