Infidélité : les clés pour reconstruire son couple

Après avoir découvert l’infidélité de votre conjoint, vous avez décidé ensemble de vous laisser une seconde chance. Mais sur le chemin qui mène à la reconstruction, il ne pleut pas toujours des paillettes et plusieurs questions vous assaillent. On y répond avec le Dr Christophe Fauré, auteur de “Est-ce que tu m’aimes encore ?” (Ed. Livre de Poche).

 

La découverte de l’infidélité de votre partenaire a mis votre couple et vous-même dans la tourmente. Vous avez pris la décision, ensemble, de vous battre malgré cet écart de parcours.

 

Seulement, vous vous demandez si vous faites le bon choix, si le chemin sera long et comment retrouver la confiance que vous avez perdue. Le Dr Christophe Fauré, auteur de Est-ce que tu m’aimes encore ? (Ed. Livre de Poche) répond à ces interrogations fréquentes et partage avec nous les clés utiles à la reconstruction d’un couple.

 

 

Est-ce vraiment une bonne idée de reconstruire son couple ?

 

 

“Lorsque l’on veut reconstruire son couple, regarder l’état de dégradation de notre relation avant la découverte de l’infidélité est un bon indicateur quant à la direction à suivre. Si l’histoire était bancale, l’infidélité est pour certaines personnes l’ultime moyen de mettre un terme”, introduit le Dr Christophe Fauré.

 

 

Autrement dit, l’infidélité peut déclencher une prise de conscience et apporter la preuve qu’il est préférable de s’arrêter là. Mais hormis ce cas de figure, dans un contexte où la relation se portait plutôt bien, il est important de mettre de l’énergie à essayer de se reconstruire, lorsque les deux partenaires le désirent. “Cela peut déboucher sur une nouvelle configuration très positive”, précise le spécialiste, qui invite chacun à se donner une chance.

 

 

Ensuite, il est important de se consulter et de se poser la question suivante : ai-je envie, moi, de reconstruire mon couple par sécurité personnelle ou par amour ? Certaines personnes sauvent les meubles, au sens propre comme figuré, par simple confort. “Parfois, on reconstruit son couple pour de mauvaises raisons au détriment de notre épanouissement, observe le Dr Christophe Fauré. On accepte une situation qui nous fait souffrir par crainte de perdre ce que l’on possédait”.

 

 

Mais l’option de la sécurité n’est pas condamnable : ” Qui sommes-nous pour juger quelqu’un qui choisit son confort ?”, interroge le psychiatre. “Certes, la peur de se retrouver seule et de repartir à zéro ailleurs peut biaiser la sagesse que l’on veut pour soi, mais essayer de reconstruire son couple, faire des efforts, est le meilleur moyen de faire la part des choses. Si ça ne fonctionne pas, on aura alors un argument, on aura la preuve que se séparer est plus judicieux.

 

 

La reconstruction prend-elle beaucoup de temps ?  

 

 

“La reconstruction dure en moyenne plusieurs années”, quantifie le spécialiste. Les premiers mois, on discute, on essaie de comprendre ce qu’il s’est passé, on cherche à s’apaiser. Ce qui prend davantage de temps et demande beaucoup de patience, c’est le sentiment de sécurité, fondamental au couple, qui regagne sa place entre deux et cinq ans.

Lire aussi :  Amour: loin des yeux loin du cœur?

 

Ce moment où l’on se dit que c’est bon, on peut baisser la garde. Mais inutile de se leurrer, on ne la baisse jamais vraiment, et c’est plutôt bénéfique : “Cela induit un niveau de vigilance qui impose une certaine exigence dans le couple, sans que ce ne soit stressant. Le partenaire “trompeur” continue d’être rassurant, de préserver son couple, tandis que soi-même, en tant que trompée, on veille également à donner de notre énergie dans cette histoire.

 

On comprend que rien n’est acquis, que l’amour n’est pas simple et qu’il faut travailler pour son couple”.

 

Ensuite, si d’apparence, le temps de remise sur pied peut dépendre de la forme de l’infidélité (un acte passager, un adultère avec sentiments…), il dépend surtout de l’écho que cette infidélité a en nous.

 

Parfois, une histoire qui peut paraître anodine raisonne bruyamment en la personne trompée et réveille une peur de l’abandon. Dans d’autres cas, une infidélité de plusieurs mois peut être acceptée et surmontée plus rapidement si on a confiance en son couple.

 

Un élément qui compte également est le niveau d’implication émotionnel de son compagnon dans cet écart. S’il a ouvert son jardin secret à quelqu’un d’autre, s’il a mis de lui, alors la confiance sera plus compliquée à rétablir.

 

Vouloir connaître les détails de cet épisode peut être contre-productif. On vit alors avec le fantôme de cette maîtresse qui ne fait qu’entretenir nos doutes. Cela peut même en devenir une obsession ! Comprendre ce qu’il s’est passé, c’est bien, car cela permet d’éclairer son couple, sa dynamique, mais explorer l’autre femme, c’est prendre le risque de se comparer et de la laisser nous envahir.

 

 

Comment s’apaiser et retrouver la confiance ?

 

Le plus gros obstacle à surmonter de la part de la personne trompée est la peur. Réaccorder sa confiance n’est pas chose simple. “On peut le vouloir de toutes ses forces mais quelque chose a  été abîmé”, précise l’expert, qui ajoute que le trompeur joue un rôle important de réassurance. De plus, on a conscience que le couple vit avec une blessure et c’est à deux que l’on va la négocier pour en faire un évènement du couple, et non pas un élément maître de notre histoire. C’est un épisode ponctuel qui ne doit pas nous définir.

 

 

Pour se sentir mieux, retrouver sérénité, il est important que chacun puisse identifier les efforts à mettre en place. On fait un audit : moi je peux changer, toi tu peux changer, et notre couple, cette troisième entité, comment peut-il progresser ? “Parfois, l’infidélité est bénéfique, explique le spécialiste. Elle peut être un facteur de croissance, qui souligne un dysfonctionnement dans le couple”, conclue le Dr Christophe Fauré. L’infidélité ne touche pas forcément les liens d’amour, mais ça sonne l’alarme plutôt que le glas. S’il se peut qu’elle n’ait pas tout faux, c’est en se reconstruisant qu’on le saura… !