La jeune femme y croyait : cette histoire d’amour ressemblait à la bonne. Jusqu’à ce qu’elle découvre le vrai visage de Youssef, son compagnon. Lamia a alors “pété” son plomb et s’est vengée. Confidences agitées.

Après deux ans de célibat à errer sur les applications de rencontres, voilà que je tombe sur Youssef en soirée. J’étais à la terrasse d’un café avec des amies. Les mecs à côté – entre potes aussi – ont commencé à discuter avec nous. Nous avons ri, tous ensemble, et parlé en surface d’un tas de trucs : Casa, ses bouchons, ses sorties, sa corniche…

“Tout était presque trop beau pour être vrai”

Je dois dire que Youssef ne m’indifférait pas. A cette période, mon radar à mecs était toujours branché, mais quelque chose chez Youssef me parlait. Un garçon spontané, aux allures débrouillardes et à l’humour presque timide. Une barbe de quelques jours, de grandes mains, un sourire d’enfant et des yeux marron pétillants. Plaisant. Il savait qu’il était beau. Ne pas en avoir conscience lui aurait accordé un charme supplémentaire, mais passons.

Je voyais bien qu’il me regardait en coin. La connexion opérait. Nos deux groupes ont fait la fermeture du bar. Alors que nous nous sommes retrouvés sur le trottoir, prêts à nous séparer, Youssef m’a demandé mon numéro de téléphone. Tout était presque trop beau pour être vrai. Nous avons démarré une histoire. C’était chouette et enthousiaste. Nous nous voyions trois à quatre fois par semaine, nous prenions des verres jusque tard, nous partions bosser crevés, mais amoureux. J’étais légèrement dépassée, parce que je ne m’y attendais pas, ou plus. Mon heure avait sonné et je vivais une histoire sans nuages gris. Les mois filaient, nous étions à la fois fusionnels et très indépendants. Nous menions nos quotidiens chacun de notre côté sans manquer de les partager. Une dose de prudence s’invitait entre nous, que nous mesurions, tandis que nous ne pouvions nous passer l’un de l’autre. Un jour, on se présenterait nos parents, un jour nous prendrions un appartement…

“Un soir, silence radio”

Un an d’amour, d’amour intense, et… silence radio. Un soir, Youssef ne répondait pas à mes coups de téléphone. Nous devions nous voir mais pas de nouvelles. Première pensée : il lui est arrivé quelque chose. J’ai paniqué et je me suis précipitée sur Facebook pour regarder l’heure de sa dernière connexion. Et là, j’ai réalisé que nous n’étions plus amis. Très étrange. J’ai appelé sa sœur, qui était aussi sa coloc, et qui n’a pas répondu.

Je ressentais un mélange d’inquiétude et de colère. Si les deux sentiments se mêlaient, c’est parce que je ne croyais que moyennement en un accident ou autre : pourquoi avais-je disparu de ses contacts, si ce n’est qu’il comptait me faire disparaître de sa vie ? Je n’étais pas née de la dernière pluie et, malheureusement, je n’en étais pas à ma première expérience dans le genre.

Comme je possédais son mot de passe Facebook – pour l’avoir vu le taper plusieurs fois – et que mon agacement était certain, je me suis connectée à son compte. Dans ses messages, j’ai découvert ceux d’une fille. Elle lui disait “je t’aime“. Lui répondait par des déclarations d’amour et autres compliments… Les mêmes que je recevais. Je savais que cette fille – j’ai reconnu le prénom – lui tournait autour depuis quelque temps, mais j’étais loin d’imaginer que Youssef vivait en réalité une histoire d’amour en parallèle. Le plus fou, c’est qu’il ne lui parlait jamais de moi, mais jouait avec elle la carte du “nous sommes ensemble“.

“Il m’a paru clair que ma rage allait se transformer en vengeance”

Je n’ai rien compris. Je veux dire, j’étais scotchée derrière mon écran à me demander comment j’avais pu me faire mener en bateau comme ça. Les messages avec cette fille remontaient à trois gros mois. Et moi, je n’avais rien vu, rien senti. Oui, il y avait des soirs où il n’était pas disponible, mais comme avant et comme tout le monde. J’ai un peu déroulé le fil de leur conversation, compris qu’ils se voyaient régulièrement. Et là, j’ai voulu envoyer un message à cette nana, au nom de Youssef, un truc con pour la planter, n’importe quoi. Je ne l’ai pas fait, je me suis abstenue, sachant très bien que ce serait nul. Cependant, il m’a paru clair que ma rage allait se transformer en vengeance. Et je n’en avais rien à fiche que ça se mange froid. D’ailleurs, c’est meilleur chaud.

Ça montait, ça montait. C’est fou ce que l’on peut ressentir dans des moments pareils. C’est physique. Doigts crispés, dents serrés. Ce n’est pas de la tristesse, pas du chagrin, ce n’est que de la rage. Youssef se foutait clairement de moi et je ne pensais qu’à lui arracher les yeux. L’amour se transforme illico en haine.

“Une rage folle, une scène de film”

Ça m’a pris : ruiner toutes les affaires qu’il avait chez moi. Ma meilleure amie, qui a déboulé peu de temps après que je lui ai annoncé, m’a trouvée en train de découper les caleçons de Youssef. Et puis j’ai aussi déchiré ses tee-shirts, cassé en dix ses DVD, cisaillé son chargeur de tablette, brisé sa tasse et ses verres de vin. Une rage folle, une scène de film. Je ne voulais plus aucune trace de lui dans mon appart.

Quand on apprend que le mec qui fait l’amoureux transi depuis un an, façon “je ne peux pas vivre sans toi”, a en fait une autre nana depuis des mois, on devient dingue. J’aurais eu ses clés et j’aurais su qu’il n’était pas chez lui, je suis certaine que je m’y serais rendue et que j’aurais tout défoncé. J’aurais jeté tout ce à quoi il tenait par la fenêtre. Vraiment, j’aurais tout saccagé. Dans ce genre de moment, on perd tout sens des proportions et de la réalité.

“En défonçant sa porte, je me sentais hyper bien”

Je me suis donc “contentée” de bousiller ses affaires depuis chez moi, j’ai tout mis dans d’énormes sacs Ikea, et j’ai été chez lui avec mon amie. J’ai tout jeté sur le palier. J’ai aussi balancé toutes les choses qu’il m’avait offertes (collier, bouquin, chaussures…) – sans les défoncer – pour lui montrer que pour moi, désormais, tout ça n’était que du vent.

En balançant tous les trucs (dans un bruit énorme) et en défonçant sa porte – et aussi sa sonnette – je me sentais hyper bien. Après, on a pris la caisse, en mode hold up. Jouissif. Je ne voulais pas qu’il me voie et je ne voulais pas le voir. Et puis, je ne voulais pas qu’il voit ma rage, je trouvais ça presque déshonorant. En détalant, je quittais cette histoire tête haute. Au final, bien sûr, ma rage était visible dans cette quantité de trucs en morceaux sur son palier.

“J’ai écrit à l’autre fille”

J’ai ensuite contacté l’autre fille. Je lui ai envoyé un message sur Facebook, je n’ai pas été méchante, plutôt factuelle. Je lui ai dit les choses, je lui ai dit mon couple et le sien, la double vie de Youssef, la manipulation et la trahison. J’avais ce besoin de la prévenir et, bien entendu, de ruiner la vie amoureuse de mon ex.

A peine mon “gentil petit mot” parti que Youssef m’a envoyé un message pour me demander “comment j’avais su“. Le comble! Et pendant sept jours (et nuits), il m’a bombardée de SMS, d’insultes à la con, de “sympa pour mes affaires “. Il est devenu fou d’être démasqué, lui qui se croyait invincible.

Quand je suis tombée, chez moi, sur un tee-shirt que j’avais oublié dans la bataille, je m’en suis emparée, je l’ai découpé (on ne se refait pas) et j’ai été le glisser en morceaux dans sa boîte aux lettres avec une photo de lui et moi. En parallèle, j’ai transféré tous les SMS de Youssef à “sa copine” et j’ai ajouté que si elle avait besoin de preuves – elle qui devait me prendre pour une folle, Youssef y étant pour quelque chose – elle pouvait ouvrir la boîte aux lettres, récupérer le tee-shirt et notre photo. Pour l’occasion, j’ai inscrit au dos le jour et le lieu de notre rencontre.

“Il n’y a pas grand-chose à regretter”

Apprendre que mon mec avait une double vie a été terrible. Tous nos souvenirs, tous nos moments… n’étaient en fait que des mensonges. Mais d’un autre côté, ça aide à s’en sortir car il n’y a pas grand-chose à regretter.

Après tout ça, j’ai décidé de ne plus m’encombrer de cette histoire. Aucun des deux n’a réagi au tee-shirt et à la boîte aux lettres. J’ai appris récemment que Youssef était toujours avec cette fille (plus de deux ans, donc…). Je suis heureuse de ne pas être celle qu’il a “gardée“. Ma vengeance à moi, ma vraie vengeance, c’est d’être aujourd’hui en couple avec quelqu’un de bien, dont je suis très amoureuse.