Maman, je n’aime pas la maîtresse !

Votre enfant n’aime pas sa maîtresse d’école, il fait un véritable rejet et lui prête les pires attributs… pas de panique ! Zineb Lamarti nous livre les astuces et réflexes à adopter pour le rassurer. Entretien.

 

SDL : Quel est le premier réflexe à adopter ?

 

Zineb Lamarti : Tout d’abord, lorsqu’il y a une plainte, il est essentiel d’écouter l’enfant. Il ne faut ni banaliser, en disant « ce n’est pas grave » – car l’enfant pourrait se vexer – ni dramatiser. Inutile également de se précipiter et de prendre un rendez-vous illico avec la maîtresse. Commencez d’abord par comprendre ce qui se passe en discutant avec votre fils ou votre fille. Cette discussion peut aussi revêtir différentes formes : un dessin ou un jeu de rôles en demandant à l’enfant de reproduire la scène. Le but étant de bien comprendre la situation.

 

 

Comment interpréter un « je n’aime pas ma maîtresse » ?

 

C’est là toute la difficulté. Ce type de réaction peut être déclenché par des choses anodines. Pour les plus jeunes (niveau maternelle), on peut apparenter à un « je n’aime pas la maîtresse » à un « je n’aime pas le poisson ». Cela peut vouloir dire beaucoup de choses. Par exemple, un détail physique de la maîtresse peut rappeler à l’enfant quelque chose de négatif et il va se focaliser là-dessus. Un incident entre votre bambin et un camarade peut aussi bien être associé à la maîtresse. Il faut savoir que les enfants sont sensibles aux figures d’autorité. Ainsi, si l’institutrice lui a fait une remarque ou l’a empêché, par exemple, de rentrer en classe avec son jouet, sa réaction ne se fera pas attendre. De même, les petits se sentent aussi très impliqués en cas d’injustice. Si votre fils ou fille a été puni(e) à tort, il/elle sera forcément fâché(e) contre sa maîtresse. A partir de 6/7 ans, les enfants manient mieux les concepts. On peut donc plus facilement amener sa progéniture à lui faire dire clairement le fond du problème.

 

 

Que peut-on répondre aux plaintes de son enfant ?

 

Selon l’âge, il faut bien expliquer qu’il est possible de ne pas s’entendre parfaitement avec sa maîtresse. Comme dans la vie en général, on ne peut pas s’entendre avec tout le monde. Par contre, il est important de garder un discours positif à l’égard de l’enseignant(e) et de l’école. Si, à la maison, on a tendance à les critiquer, il est tout à fait possible que, par loyauté, l’enfant soit aussi négatif. D’où sa plainte… Autre point important : si votre enfant a été puni, il ne faut jamais aller à l’encontre de la décision de la maîtresse. Et si effectivement la punition était injuste, expliquez-lui que parfois dans la vie, il y a des injustices, en prenant, pourquoi pas, un exemple qui a pu aussi vous arriver. Il peut être souhaitable de rappeler à sa progéniture qu’à l’école il faut obéir à la maîtresse, tout comme à la maison, on obéit à ses parents.

 

 

Si la situation persiste, que faut-il faire ?

 

A ce moment-là, on peut prendre rendez-vous avec la maîtresse. Mais attention, il ne faut surtout pas réagir « à chaud », avec un ton accusateur ou y aller dans le but de régler ses comptes. Mieux vaut bannir les formules « mon fils m’a dit que ou se plaint de… ». Préférez plutôt « j’ai l’impression que mon enfant n’est pas bien en ce moment dans la classe. Avez-vous remarqué quelque chose ? ». Vous devez être objective. Vous êtes là pour comprendre. En discutant avec la maîtresse, vous aurez très certainement la réponse au problème. Il ne faut pas non plus hésiter à lui confier certains problèmes rencontrés au sein de la famille (séparation, deuil, grossesse, problème de santé…) d’autant qu’il/elle est tenu au secret professionnel. Ces informations peuvent permettre à l’enseignant de mieux comprendre certaines réactions de l’enfant et d’adapter son comportement.