Le mois de naissance des enfants a une influence directe sur leur réussite scolaire, leur maturité par rapport à leurs camarades de classe et même sur le choix de leur orientation professionnelle. Et cela n’a rien à voir avec leur signe astrologique.

Ce qui est évident, c’est que nous retrouvons souvent les mêmes commentaires des parents dont les enfants sont nés en Novembre/ Décembre, à savoir : « Mon enfant joue tout le temps, il ne réalise pas qu’il faut commencer à travailler », « Mon enfant est souvent exclu », « Mon enfant est plus lent », « Pourquoi mon enfant manque autant de maturité ? » … Clairement, le mécanisme tient à la maturité relative des enfants nés aux différents mois de l’année. À six ans, lorsque les enfants entrent en CP, l’écart d’âge entre un enfant né en décembre et un autre en janvier est de 11 mois, ce qui entraîne des écarts de maturité assez forts. Ainsi, pour des tests ayant lieu à des dates données, les enfants nés en décembre les passent à un âge plus jeune, et par conséquent, connaissent une moins bonne réussite.

Ces écarts sont très forts au CP, puis persistent dans de moindres proportions avant de disparaître au lycée. Ces écarts persistent car en fonction des résultats scolaires, les enfants auront des parcours différents, notamment au moment de l’orientation en fi n de 3e. Les élèves nés en décembre, par rapport à leurs aînés, sont plus souvent orientés dans la voie professionnelle. À 15 ans, leurs résultats ne sont pas si différents, mais les natifs de décembre redoublent plus souvent deux fois plus que les enfants nés en janvier). À 11 ans, 33% des élèves nés en décembre ont redoublé, contre 18% de ceux nés en janvier. Quelle que soit l’origine sociale de l’enfant, cette tendance se vérifie. On constate que le redoublement pénalise injustement les élèves les plus jeunes de la classe car il n’y a aucune raison que ces derniers soient moins doués.

Comment faudrait-il réformer notre système éducatif pour que les natifs de la fi n de l’année soient moins «à la traîne» ?

Il faudrait prendre en compte cette donnée du mois de naissance au moment de la notation, ou lorsque l’on oriente les élèves. En Angleterre, une proposition a été faite pour rassembler les élèves par groupes d’âges. Une autre proposition, plus radicale, consiste à adopter un barème correcteur dans la notation pour redresser les notes des élèves les plus jeunes de la classe en primaire. Cela permettrait de corriger les écarts de maturité. Certains élèves sont moins affectés que d’autres par cet effet d’âge relatif, certes, mais cette mesure permettrait de réduire les redoublements des plus jeunes élèves. On n’est pas forcé de le faire de façon explicite vis-à-vis des élèves, mais il faut au moins qu’une prise de conscience opère du côté des enseignants. Il n’y a de toute façon pas de solution miracle. Pour des raisons matérielles, on est obligé de regrouper des élèves d’âges différents dans une même classe.

Faut-il pour autant en faire une règle générale ?

Ce phénomène n’a pas influencé les naissances. La saisonnalité des naissances s’explique plus par « l’effet vacances », en été et à Noël. Mais ne dramatisons pas non plus, cela influence légèrement le type d’études que l’on fera, mais n’a pas d’effet massif sur l’insertion professionnelle, les salaires ou l’emploi. Ce qu’il faut surtout en retirer, c’est que  les enfants nés à ce moment de l’année nécessitent une certaine vigilance. Et le problème ne réside pas tant dans ce différentiel de maturité que dans les conséquences en termes de redoublement et d’orientation. Dès lors que cette donnée est prise en compte, le tir peut être corrigé.