Violences faites aux enfants : le rapport alarmant de l’UNICEF

Les violences infligées aux enfants, des tout-petits aux adolescents, seraient de plus en plus présentes dans les foyers et les établissements scolaires, d’après un récent rapport de l’UNICEF.

 

 

Gifles, avances ou contraintes sexuelles, viols sur mineurs, menaces verbales, agressivité à l’école… Près de 300 millions d’enfants âgés de 2 à 4 ans sont régulièrement victimes de violences, le plus souvent faites par des personnes de confiance avec lesquelles ils interagissent quotidiennement (famille, enseignants, nounou, camarades de classe, etc). Un constat alarmant révélé par l’UNICEF dans son rapport “Un visage familier : la violence dans la vie des enfants et des adolescents” rendu public mardi 31 octobre.

 

 

Résultats : d’après les données provenant de 30 pays, 250 millions d’enfants, soit environ 60 % des enfants, subissent des punitions physiques. Et ce, dès le plus jeune âge : “6 enfants sur 10 âgés de 12 à 23 mois sont soumis à des méthodes disciplinaires violentes et parmi eux, près de la moitié reçoit des châtiments corporels“, précise le rapport de l’UNICEF, avant d’ajouter que pour un milliard de parents ou de personnes responsables d’enfants, ces châtiments corporels sont “nécessaires pour élever ou éduquer correctement un enfant“.

 

 

A noter que si certains enfants sont victimes de ces violences, d’autres en sont témoins. Dans le monde, un quart des enfants de plus de 5 ans, soit 176 millions, vivent avec une mère subissant des violences conjugales. Par ailleurs, avec 59 fusillades et plus de 500 attaques ou menaces d’attaques recensées en 2016 dans le monde, la violence semble omniprésente en milieu scolaire : près de 130 millions de jeunes scolarisés âgés de 13 à 15 ans sont victimes de harcèlement à l’école et 30 % des élèves avouent avoir déjà embêté (insultes, agressions, menaces verbales ou physiques) d’autres camarades de classe. Le rapport indique d’ailleurs que les “amis, les camarades de classe et les partenaires intimes  figurent parmi les auteurs d’actes de violence les plus fréquemment signalés par les victimes“.

Protéger une génération en danger. Si tous les enfants devraient avoir le droit d’être protégés contre les violences infligées par leur entourage, seulement 59 pays ont adopté une législation interdisant formellement le recours aux châtiments corporels contre les enfants à la maison. Par conséquent, 91 % des enfants de moins de 5 ans, soit plus de 600 millions, sont sans protection juridique lorsqu’ils sont victimes de violences.

 

 

A travers une campagne de sensibilisation contre les violences faites aux enfants, l’UNICEF appelle les gouvernements à être plus vigilants et à mettre en place des mesures urgentes. Ainsi, l’instauration de plans et d’actions cordonnées à l’échelle nationale visant à éliminer la violence envers les enfants, le renforcement des “cadres juridique et politique qui protègent les enfants contre les différentes formes de violence“, un accès réduit aux armes et armes à feu, la mise en place de “services sociaux fonctionnels où exercent des travailleurs formés” et surtout, le changement “des normes, des inégalités des sexes, des croyances et des comportements sociaux et culturels qui favorisent la violence“. sont autant d’objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030, mené par l’UNICEF et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

 

 

 

Enfin, l’agence de l’Organisation des Nations unies, souligne l’importance de fournir aux enfants et à leurs parents, tous les outils et les informations nécessaires “pour signaler les cas de violence en toute sécurité, aussi bien de vive voix que via internet“.