Vous imaginez que le point G est un bouton magique (et introuvable) sur lequel appuyer pour jouir en une minute ? Que l’orgasme vaginal est aussi mystérieux que puissant ? Oubliez tout : les dernières découvertes en matière de plaisir féminin sont surprenantes. On fait le point.

 

 

Pour parler point G et orgasme vaginal, il faut d’abord causer clitoris. Découvert il y a quatre siècles, le clitoris a longtemps été ignoré. Pourquoi ? Parce que la pénétration a toujours été au cœur des relations sexuelles et que le plaisir masculin était bien plus considéré que le plaisir féminin. Alors le clitoris, non merci : tout se passait en dedans. On pensait d’ailleurs qu’il existait deux orgasmes, un petit (le clitoridien) et un grand (le vaginal). Freud, au début du XIXe siècle, prétend que l’orgasme clitoridien est inférieur au vaginal et que les femmes qui ne jouissent pas du “grand orgasme” sont immatures voire névrosées.

 

 

Saut dans le passé

 

 

Dans les années 50, les pionniers de la sexologie moderne, à savoir Masters et Johnson, démontrent que le clitoris est l’organe clé du plaisir féminin. Malheureusement, ces affirmations font peu de bruit, d’autant plus que le point G débarque. Il a le mérite de rassurer grand nombre de femmes : on peut prendre son pied “de l’intérieur”, ce n’est donc plus un souci (du moins on va faire avec) si le clitoris est mis de côté. Néanmoins, au lit, dans l’intimité, les femmes ressentent davantage de plaisir lorsque le clitoris est titillé. Dans les années 90, Helen O’Connell, chercheuse australienne, révèle l’anatomie exacte du clitoris par IRM. En 2008, c’est au tour de la gynécologue Odile Buisson de partager les résultats de ses recherches.

 

 

 

Les choses sont dites : le clitoris n’est pas qu’un petit pois rose et mignon situé au sommet de la vulve. Ce que l’on voit est le gland du clitoris, autrement dit la partie immergée de l’iceberg. Il s’étend en moyenne à l’intérieur du corps sur 11 centimètres. Son “corps”, c’est-à-dire sa partie interne, enfourche le vagin et remet en question tout ce que l’on croyait savoir du point G et de l’orgasme vaginal.

 

 

L’orgasme vaginal, gros canular

 

 

Souvenez-vous de vos années lycée et des magazines féminins que vous lisiez sur la plage ou sous la couette. Vous remplissiez des tests afin de savoir si vous étiez plutôt vaginale ou clitoridienne. Et – comme beaucoup de femmes – vous étiez sans doute clitoridienne. Cette dichotomie, en réalité, n’a pas de lieu d’être. L’anatomie du clitoris nous révèle que le plaisir interne, autrement dit vaginal, naît du clitoris puisque ce dernier entre en contact avec le vagin à l’intérieur du corps. Lors de la pénétration, la partie interne du clitoris “descend” sur le vagin, grâce aux contractions du périnée. Il n’y a pas deux orgasmes. Il y a simplement deux façons de prendre son pied, par voie interne ou voie externe.

 

 

Le point G n’est pas celui que vous croyez

 

 

Le point G a longtemps été défini comme un point (jusqu’ici, tout va bien) de la taille d’une pièce de dix dirhams situé sur la face antérieure du vagin (côté pubis). Et lui aussi, il nous intriguait quand nous étions adolescentes. Nous partions à la recherche de cette zone plutôt rugueuse à quelques centimètres de l’entrée du vagin. La promesse : caresser, appuyer, décoller. Aujourd’hui, on sait alors que le point G existe, mais contrairement à ce que l’on croit, ce point n’est pas un point isolé et totalement magique. Le point G est en réalité le point de contact entre clitoris et vagin. Un carrefour, disons. D’où le plaisir procuré. Encore une fois, le clitoris est dans la course !

 

 

Voilà pourquoi il est primordial de redonner au clitoris ses lettres de noblesse. Cet organe dédié au plaisir est au centre de la jouissance féminine. Connaître son anatomie, c’est partir à la rencontre de son corps et de son épanouissement sexuel. C’est tuer un certain nombre d’idées reçues qui régissent la sexualité et nous enferment dans une série de croyances. Alors, heureuses ?