Blanchissant, fortement fluoré, antitartre, au charbon végétal, pour dents sensibles… Les dentifrices inondent les rayons des supermarchés et des pharmacies. 

S’ils sont indispensables pour une bonne hygiène bucco-dentaire, ils doivent être choisis avec rigueur. Certains peuvent contenir des substances inquiétantes… Liste des substances à éviter, quantité de fluor recommandée, efficacité du bio. Les experts ont la parole.

Erreur n°1 : utiliser un dentifrice blancheur trop abrasif

 

©Olena Yakobchuk-123RF

Les dentifrices blanchissants ne colorent pas les dents, mais aident à éliminer la plaque dentaire et taches, grâce à la silice et aux agents abrasifs. « D’après la norme ISO 11609 (depuis 1998), les dentifrices ayant une valeur RDA inférieure à 250 peuvent être utilisés sans risque au quotidien« , précise Virgine Saint-Marc, porte parole du ministère de la Santé, à condition de faire des mouvements doux et d’avoir une brosse à dents à poiles souples.

  • Le bon réflexe: évitez les dentifrices trop polissants – comme ceux aux charbon végétale – qui peuvent endommager l’émail et privilégiez ceux pour dent sensibles, moins abrasifs.

Erreur n°2 : choisir un dentifrice avec du dioxyde de titane (E171)

©Bernard Bodo – 123RF

Présent dans des nombreux dentifrices, le dioxyde de titan (E171) est un colorant blanc qui pourrait avoir des effets cancérigènes. Pour le Dr Christophe Lequart, chirurgien-dentiste et porte-parole de l’UFSBD, pas d’inquiétude à avoir: « Il l’est dans les limites préconisées par l’ANSM et l’ANSES. C’est à dire à une concentration maximum de 25%  de particules. Ces particules, de part leur « grande » taille, ne peuvent pas passer la barrière cellulaire donc n’impactent pas la santé« . Et d’ajouter:  » il n’existe qu’une seule étude sur les potentiels risques du E171, qui ne concerne que la nanoparticules ». Si « elles ne sont pas autorisées dans la composition de ces produits » indique le dentiste, les fabricants n’ont pas l’obligation de les faire figurer sous cet état sur l’emballage. Difficile donc d’être certain de l’innocuité du produit…

  • Le bon réflexe: évitez les dentifrices qui contiennent du E171.

Erreur n°3 : utiliser un dentifrice avec du triclosan

Le triclosan est un antibactérien présent dans les dentifrices. « Cette molécules est controversée depuis plusieurs années car elle est suspectée d’être un perturbateur endocrinien et cancérigène. On est donc plus proche d’un principe de précaution, que de la notion de doses toxiques », indique le Dr Jean Marc Sapori, toxicologue au Centre Anti-Poison au Lyon, « pour le moment, elle n’apparaît pas comme une substance dangereuse aux yeux de l’ANSM et de l’ANSES. On doit donc considérer qu’il n’y a pas de danger par rapport à sa consommation dans la vie courante« , estime le Dr Christophe Lequart.

  • Le bon réflexe: par prudence évitez-le.

Erreur n°4 : utiliser un dentifrice avec du sodium lauryl sulfate

Le saudium lauryl sulfate (SLS) est un agent tensioactif qui fait mousser le dentifrice au contact de l’eau. Sa concentration doit être inférieure à 0,5% car il peut au delà être irritant pour la peau. Par ailleurs, il peut contenir des quantités mesurable de 1,4-dioxane, un solvant potentiellement cancérigène. Pour le Dr Christophe Lequart, « cet agent ne peut pas apparaître comme une substance dangereuse tant que l’ANSM et l’ANSES pensent qu’il n’y a pas de danger pour la santé ». Mais les fabricants ne sont pas obligés de mentionner sa concentration sur l’étiquette.

  • Le bon réflexe: évitez le sodium lauryl sulfate

Erreur n°5 : ne pas privilégier les dentifrices bio

« Les fabricants des produits bio doivent respecter une réglementation très stricte. Les ingrédients utilisés doivent répondre à des exigences spécifiques, ce qui permet aux produits cosmétiques d’être certifiés Bio », explique Virgine Saint-Marc. Pour autant, un dentifrice bio n’est pas forcément plus efficace. Toutefois, il contient au minimum 95% d’ingrédients d’origine biologique ou végétale et est exempt de conservateur chimique de synthèse. Souvent fait à partir de bicarbonates de soude, il y a un goût plus fade et une texture plus granuleuse.

  • Le bon réflexe: optez pour un dentifrice bio, surtout si vous avez les dents sensibles.

Erreur n°6 : n’utiliser que des dentifrices de pharmacie

Certains dentifrices sont considérés comme des médicaments, « ils sont vendus en pharmacie – parfois sur prescription médicale – et doivent avoir une autorisation de mise sur le marché. Leur efficacité dans une indication donnée doit être prouvée dans le cadre de ce dossier », précise Virgine Saint-Marc.

  • Le bon réflexe: si vos dents sont saines et sans problème particulier, un dentifrice « classique » (dosé à 1450 ppm de fluor, soit la concentration optimale pour la majorité d’entre nous au quotidien) fera très bien l’affaire. Si elles sont cariées, infectées ou jaunies, misez sur un dentifrice spécialisé, adapté à votre besoin bucco-dentaire et prescrit par un dentiste.

Erreur n°7 : choisir un dentifrice trop fluoré pour les enfants

  • Jusqu’à l’âge de 2 ans, l’UFSBD recommande un brossage à l’eau clair, puis, de 2 à 3 ans avec un dentifrice fluoré à moins de 500 ppm.
  • De 3 à 6 ans, il est recommandé de choisir un dentifrice faiblement dosé en fluor (entre 500 et 1000 ppm).
  • A partir de 6 ans, il est recommandé d’utiliser un dentifrice fluoré (entre 100 et 1500 ppm).

Le dentiste peut réaliser un bilan individualisé des apports en fluor ( alimentaires via le sel, l’eau…) pour déterminer le risque carieux de l’enfant et prescrire aux besoin une supplémentation en fluor, rappelle Virginie Saint-Marc.

Conseils pour une bonne hygiène bucco-dentaire

Pour une bonne santé bucco-dentaire, rien ne vaut la mise en place de bon gestes d’hygiène, l’UFSBD recommande ainsi:

  • 2 brossages par jour matin et soir pendant 2 minute.
  • L’utilisation d’un dentifrice fluoré adapté à l’âge sur une brosse à dent sèche. Après avoir réalisé un bilan fluoré et si le risque carieux est élevé, le dentiste peut prescrire une supplémentation en fluor ( bain de bouche, dentifrice fortement dosé, vernis fluoré… ).
  • L’utilisation du fil dentaire ou de brossettes pour les zones inaccessibles.
  • 1 visite chez le dentiste en moins une fois par an.