La nouvelle peut paraître incongrue, pourtant un nouveau-né issu de trois ADN différents a bien vu le jour le 9 avril 2019, en Grèce. Après quatre FIV ratées, la maman, infertile, a peut connaître les joies de la maternité. La médecine aurait-elle trouvé un moyen de lutter contre l’infécondité ?

Si cette pratique de Fécondation In Vitro à 3 ADN ou « 3 géniteurs » peut paraître controversée, les résultats sont là. Initialement mise en place pour éviter le caractère héréditaire de maladies mitochondriales (les mitochondries sont des cellules responsables de notre production énergétique et contenant de l’ADN qui peuvent être mortelles en cas de mutation) cette FIV a permis à une femme infertile de 32 ans de devenir maman. Après avoir subi quatre FIV infructueuses, elle a accouché d’un garçon de 2,9 kg en Grèce, le 9 avril 2019. Maman et bébé se portent bien, bien que leur récit soit une grande nouvelle pour les médecins, certains scientifiques ne sont pas  enchantés pas cette nouvelle. En 2016, au Mexique, une mère jordanienne créait également la controverse en mettant un enfant au monde après une FIV à 3 ADN. En 2017, c’est une Ukrainienne infertile qui a pu être maman grâce à cette technique, comme le rappelle CNN. Le procédé est simple : l’ovule de la mère malade est croisé avec celui d’une donneuse saine et du spermatozoïde du père. Le tout est ensuite logé dans son ventre, comme une FIV lambda. Si ce « cocktail » a été utilisé dans le but de rendre fertiles des femmes stériles, comme c’est le cas dans les deux exemples cités plus haut, le but premier est de réduire les risques de contracter des maladies héréditaires. Cette technique de procréation assistée, d’abord élaborée en Espagne puis en Grèce, fait naître beaucoup d’espoir chez les femmes stériles. L’expérience compte 24 participantes et huit embryons sont prêt à être implantés pour d’autres tests.

FIV à 3 ADN, un nouvel espoir pour les femmes infertiles

« Le droit inaliénable pour une femme de devenir mère à partir de son propre matériel génétique est enfin devenu une réalité. Nous sommes maintenant dans une position où il est possible pour les femmes ayant subi plusieurs échecs de FIV ou celles souffrant de rares maladies génétiques mitochondriales d’avoir un enfant en bonne santé », se réjouit le docteur Panagiotis Psathas, président de l’Institut de la Vie à Athènes. Avec des collègues espagnols, il a participé à la réussite de cette FIV à 3 ADN.
S’il était jusque-là difficile, voire impossible, pour les femmes malades d’avoir un enfant sans que ce dernier ne porte sa maladie, la FIV à 3 ADN est porteuse d’espoir. Mais, pour le moment, seule l’Angleterre n’interdit pas cette pratique controversée. L’Australie pourrait suivre le mouvement, après avoir résolu les questions « fondamentales »  liées à cette t’echnique de procréation assistée.
Et pour cause, ce que les médecins Nuno Costa-Borges, Panagiotis Psathas et leur équipe viennent de mettre en oeuvre est assez borderline. Rendre fertile une femme stérile grâce à la FIV à 3 ADN peut être vu comme contre-nature. Pour les scientifiques, c’est une grande (r)évolution qui changera la vie de nombreuses femmes désireuses de devenir maman.

FIV à 3 ADN : un pas vers l’eugénisme ?

La procréation assistée n’a jamais été vue d’un bon œil par l’ensemble du corps médical. De quel droit les blouses blanches armées de leurs pipettes joueraient-elles à Dieu ? Pourtant, les progrès médicaux, loin de donner des résultats frankensteiniens, ravivent les espoirs perdus de certains couples qui n’ont d’autres rêves que de devenir parents. La sempiternelle question de l’éthique est toujours sur les lèvres… Surtout lorsque des essais de FIV à 3 gènes sont mis en place pour permettre à une femme infertile de mettre un enfant au monde.
« S’ils peuvent être considérés comme acceptables dans le cas de la prévention des maladies mitochondriales, ce n’est pas le cas dans cette situation. La patiente aurait peut-être pu concevoir après une cinquième tentative de FIV standard« , déclare Tim Child, docteur interviewé par la BBC à propos de cette folle histoire de maternité. Mais lorsqu’on connaît le coût d’une FIV, les douleurs que cela engendre et le peu de réussites (seulement 26% des FIV réussissentde cette pratique, pourquoi ne pas tenter le tout pour le tout ?