Ampoules, télévisions, ordinateurs, smartphones, jouets pour enfants… La lumière bleue émise par les LED est partout dans notre quotidien. Or, les autorités rappellent son impact sur la rétine et les troubles du sommeil.

Téléviseurs, ordinateurs, tablettes, smartphones, décorations lumineuses, jouets, robots de cuisine… La liste des objets munis d’un écran à LED (diodes électroluminescentes) ne cessent de s’allonger ! Côté éclairage, nombreux ont troqué leurs ampoules halogènes ou fluo-compactes contre des ampoules LED, qui ne contiennent ni mercure ni gaz polluant et avec une durée de vie plus longue. Problème : la lumière bleue émise par les dispositifs à LED serait toxique pour la rétine et perturberait les rythmes biologiques et ainsi le sommeil. C’est ce que confirme l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) dans une nouvelle expertise présentée le 14 mai 2019, au regard des dernières connaissances scientifiques. En 2010, l’Agence avait déjà pointé du doigt la toxicité pour la rétine de la lumière bleue présente dans les éclairages à LED.

Les ampoules ou les écrans à LED émettent des rayons de longueur d’onde variées, dont de la lumière bleue, une onde qui se situe juste avant les ultra-violets. Puisqu’ils ne sont pas totalement filtrés par les yeux, les UV sont des rayons très nocifs pour la santé.

  • Une exposition sur le court ou long terme à une lumière bleue augmente « le risque de survenue d’une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) » et « peut conduire à une baisse de la vue« , selon le rapport de l’Anses.
  • « Une exposition, même très faible, à de la lumière bleue le soir et la nuit, perturbe les rythmes biologiques et donc le sommeil« , particulièrement chez les enfants et ados qui sont beaucoup exposés aux écrans (smartphones, tablettes, TV…) juste avant de s’endormir. Les plus jeunes constituent une population très sensible car leur cristallin, encore en développement, n’est pas capable de filtrer totalement la lumière bleue.
  • Une forte proportion de lampes à LED dans un domicile présente « des variations importantes de l’intensité lumineuse« , ce qui favoriserait les maux de tête et la fatigue visuelle chez certaines populations comme les enfants et les adolescents.

Pas d’écrans à LED avant de se coucher !

Afin de limiter l’exposition de la population à la lumière bleue et au vu des résultats de son expertise, l’Anses a émis une série de recommandations :

  • Privilégiez des éclairages domestiques de type « blanc chaud » (température de couleur inférieure à 3 000 K). Une lumière de couleur rouge-orangé favorise la relaxation et est idéale dans les espaces de vie comme le salon, la salle à manger, la cuisine et les chambres.
  • Limitez l’usage des écrans à LED (téléphones, tablettes, ordinateurs, TV…) avant le coucher et pendant la nuit, particulièrement chez les enfants et adolescents. « L’écran émet de la lumière bleue et cela peut inhiber la sécrétion de mélatonine, l’hormone qui régule les cycles veille/sommeil d’un individu« , nous expliquait le Dr François-Marie Caron, pédiatre, dans une précédente interview (octobre 2018). Concrètement, lorsqu’on regarde un écran juste avant de dormir, notre œil absorbe la lumière bleue, donne une fausse information au cerveau qui pense alors qu’il est en « plein jour ». Conséquences : notre endormissement est retardé et la qualité de notre sommeil est altérée.
  • Limitez l’intensité lumineuse des phares des véhicules, tout en respectant la sécurité routière.

Lunettes anti lumière bleue : pas si efficace ?

Concernant les moyens de protection disponibles pour le grand public tels que les verres traités anti lumière bleue, les lunettes de protection ou les écrans spécifiques, l’Anses précise que leur efficacité contre les effets sur la rétine de la lumière bleue est très variable. Et surtout que « leur efficacité pour la préservation des rythmes circadiens n’est pas prouvée aujourd’hui« . Dans ce contexte, l’Agence souhaite la mise en place de normes définissant les critères de performance des équipements de protection pour la lumière bleue.

Selon la norme européenne EN 62 471, la mention 0 (exempt de risque) ou 1 (risque faible) est obligatoire sur toutes les sources lumineuses et sur tous les appareils utilisant des lampes (lampes à incandescence, lampes halogènes, lampes fluocompactes, lampes sodium, iodures métallique, lampes à LED). Toutefois, elle ne l’est pas sur les éclairages portatifs (lampes torches, lampes frontales) ainsi que sur les smartphones, les ordinateurs, les tablettes ou les jouets pour enfants.