Petite taille = risque accru de diabète ? Selon une étude allemande, les personnes mesurant 10 cm de plus que les autres auraient jusqu’à 86% de risque en moins de développer un diabète de type 2. Cela serait dû à un niveau moins élevé de graisse dans le foie.

Les personnes plus petites auraient plus de risque de développer un diabète de type 2, selon une étude* parue mardi 9 septembre 2019 dans Diabetologia, la revue de l’Association européenne pour l’étude du diabète, et menée par l’Institut allemand pour la nutrition humaine de Potsdam. Dans le détail :

  • Avoir une taille plus grande – 10 cm de plus – permettrait de réduire les risques de diabète de type 2 de 86% pour les hommes (avec un poids normal) et de 67% pour les femmes (avec un poids normal).
  • Ce sous-risque diminuerait chez les personnes en surpoids et obèses : chez ces derniers, la diminution n’est que 36% pour les hommes et 30% pour les femmes.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont observé 3 000 Allemands âgés de 35 à 65 ans. Les résultats ont ensuite été corrigés pour ne pas être influencés par d’autres facteurs comme l’âge, le mode de vie, leur niveau d’activité physique, leurs habitudes alimentaires…

Tour de taille normal = moins de risque de diabète

Cette diminution des risques pourrait être liée au fait que les personnes plus grandes « stockeraient moins de graisse dans leur foie et auraient un profil cardiométabolique plus favorable« , justifient les chercheurs. D’une part, les personnes de grande taille auraient une meilleure fonction de leurs cellules bêta pancréatiques. Ces cellules du pancréas produisent de l’insuline et aident à réguler le taux de sucre dans l’organisme et donc de graisse dans les cellules du foie. D’autre part, un profil cardiométabolique favorable (tour de taille, pression artérielle, taux de sucre et de triglycérides dans le sang normaux…) diminuent fortement les facteurs de risque de plusieurs pathologies cardiométaboliques comme les maladies cardiovasculaires, le diabète, les maladies hépatiques ou encore les apnées du sommeil. A l’inverse, un tour de taille élevé par exemple (à savoir supérieur à 80 cm pour les femmes et 94 cm pour les hommes, seuils arbitraires qui définissent l’obésité abdominale) indique qu’une quantité importante de graisse est stockée dans la ceinture abdominale, ou que le foie est engorgé ou graisseux et cela représente un risque majoré de maladies cardiovasculaires, de pathologies du foie (maladie du foie gras ou du soda), de diabète ou d’obésité.

Pour conclure, les auteurs de l’étude confirment que « la stature est un indicateur utile du risque de diabète de type 2 » et proposent que « la surveillance des facteurs de risque cardiométabolique soit plus fréquemment indiquée chez les personnes de plus petite taille. »

Le diabète de type 2 est une maladie qui correspond à une hyperglycémie chronique (excès durable de sucre dans le sang). Il s’agit de la forme la plus courante de la maladie (environ 90% des cas de diabète) et touche essentiellement les personnes de plus de 40 ans.