L’actrice pro-IVG Alyssa Milano a décidé de démarrer une grève du sexe, après que l’état de Géorgie a voté un texte interdisant l’avortement après six semaines de grossesse. Une « seconde privation » qui ne passe pas auprès de Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat pour l’égalité hommes-femmes.

Alyssa Milano va plus loin dans ses engagements féministes. En réaction à un projet de loi voté en Géorgie qui entrera en vigueur le 1er janvier 2020, supprimant le droit à l’avortement, l’actrice américaine a appelé toutes les citoyennes à une grève du sexe.
Déjà très active pour la cause féminine et fervente défenseure du mouvement #MeToo, la star de Charmed a écrit le 11 mai sur les réseaux sociaux : « Tant que nous, les femmes, nous n’aurons pas le droit de disposer de nos corps, nous ne pouvons pas prendre le risque de tomber enceinte. comme moi, abstenez-vous de toute relation sexuelle jusqu’à ce que nous retrouvions notre autonomie. »

La Géorgie a promulgué la fin du droit à l’avortement lorsque les premiers battements de cœur du fœtus sont perceptibles, soit six semaines après le début de la grossesse. La loi signée par le gouverneur Brian Kemp fait donc de l’IVG un acte illégal, susceptible de condamner la victime à la prison à perpétuité et même à la peine de mort.
L’état du sud-est souhaite ainsi contrer la loi « Roe v. Wade », adoptée en 1973 par la Cour suprême des Etats-Unis. Celle-ci accorde le droit à l’avortement tant que le fœtus n’est pas viable. Tout comme le Kentucky ou le Mississippi ayant voté des textes similaires, la Géorgie devrait se retrouver bloquée par les tribunaux, et faire appel par la suite. Elle pourrait alors se présenter devant la Cour suprême, majoritairement constituées de membres conservateurs depuis l’arrivée de Donald Trump. Les stars d’Hollywood, Amy Schumer, Alec Baldwin ou encore Ben Stiller, ont, quant à eux, appelé au boycott des plateaux de tournages placés en Géorgie, répondant à Alyssa Milano.

« Le sexe n’est pas un service que l’on rend à quelqu’un » selon Marlène Schiappa

L’appel à l’abstinence des femmes lancé par l’actrice n’est pas du goût de tout le monde. Certaines collègues d’Alyssa Milano ont soutenu l’idée tandis que le parti conservateur américain a ironisé sur cette proposition. Mais le principe de grève du sexe a également dépassé l’Atlantique.

Marlène Schiappa s’est dite défavorable à ce mouvement, le jugeant comme une seconde privation pour la femme. Sur son compte Instagram, la secrétaire d’Etat à l’égalité hommes-femmes s’est expliquée : « Le sexe n’est pas un service que l’on rend à quelqu’un. Faire la grève du sexe c’est aussi se priver soi-même. Menacer de grève du sexe en réaction aux régressions du droit à l’IVG c’est comme nous punir nous-même une deuxième fois. » Elle souhaiterait réaffirmer une sexualité féminine libre et épanouie, afin de« cesser d’envisager la sexualité des femmes comme quelque chose qui aurait pour but d’être agréable pour… les hommes ! ». Le combat continue.