Le féminisme évolue et trouve de nouveaux mots pour décrire autant de situations démontrant l’infériorisation de la femme dans nos sociétés. Qu’est-ce que le mansplaining, cette fâcheuse habitude des hommes à toujours tout vouloir nous expliquer ?

Le mainsplaining («mecsplication», pour les fidèles de la langue de Molière) c’est lorsqu’un homme explique quelque chose à une femme d’une manière condescendante et paternaliste comme si cette dernière était ignorante sur le sujet évoqué. L’auteur américaine Rebecca Solnit est la première à avoir décrit de façon précise ce phénomène dans un essai publié par le Los Angeles Times en 2008 puis dans son livre «Ces hommes qui m’expliquent la vie» paru en 2014 chez les éditions Haymarket Books.

En s’apprêtant à quitter une soirée avec une amie, un homme accoste Rebecca Solnit : «Alors, il paraît que vous avez écrit un livre ou deux ?» entame-t-il. L’écrivaine en a en fait écrit sept, le dernier en date portant sur les travaux du photographe Eadweard Muybridge. Elle souhaiterait bien lui parler de cette figure du XXe siècle mais son interlocuteur l’interrompt pour lui parler d’un livre «important» paru à ce sujet: le sien. Malheureusement, Rebecca n’est pas la seule à avoir vécu une telle situation. Beaucoup d’internautes sur les réseaux sociaux ont partagé, eux aussi, leurs propres expériences malencontreuses sous le hashtag #mansplaining.

Le mansplaining présente l’homme comme un détenteur du savoir et la femme comme une ignorante qu’il faut éduquer. Cette tendance à sous-estimer ses interlocutrices est vivement décriée par les féministes qui voient dans le mansplaining une illustration du système patriarcal dévaluant la parole et la personne des femmes.

Ces situations sont souvent liées à un manque d’écoute. S’ils prenaient la peine d’apprendre à connaître cette jeune femme croisée dans un magasin ou dans un bar, certains hommes se rendraient compte d’être en train de parler à une avocate, une astrophysicienne, une historienne ou tout simplement une femme cultivée.