Oum est au cœur d’une polémique. La chanteuse, qui a tenu, samedi dernier un concert à Abidjan, est accusée d’avoir « méprisé » le drapeau du Maroc après l’avoir posé par terre. Dans un long post publié sur son compte Facebook, l’artiste marocaine met les choses au clair.

La chanteuse Oum est depuis quelques jours la cible de critiques sur les réseaux sociaux. La chanteuse marocaine est accusée d’avoir « méprisé » le drapeau national lors d’un concert tenu le samedi 7 décembre au Palais de la culture à Abidjan.

Alors qu’elle était sur scène, l’interprète de « Ah wah » a eu la visite surprise d’un spectateur qui lui a posé un grand drapeau du Maroc sur le dos avant de quitter les lieux.

Gênée dans ses gestes, la chanteuse pose le drapeau par terre et poursuit sa performance. Le même homme remonte sur scène, reprend le drapeau et le brandit sous les applaudissement du public.

Cette scène a suscité l’ire de nombreux marocains qui ont vu dans le geste d’Oum un outrage au drapeau national. Choquée par les réactions que cela a provoqué, la chanteuse s’est fendu d’un long post sur Facebook où elle répond à ses détracteurs. Voici son post:

« Parce que l’Amour de mon pays je le porte dans mon coeur.
Parce que son drapeau est inscrit dans ma peau.
Parce que je ne comprends pas qu’un inconnu débarque sur la scène et vienne -dans mon dos- me couvrir du drapeau de mon pays.
Parce que si j’ai le droit de répondre à ces accusations, d’”irrespect et de dédain envers l’emblème national” qui me sont adressées aujourd’hui, j’ai aussi le droit de me poser quelques questions, et j’invite mes accusateurs à les considérer un instant.

Pour quelle raison l’a-t-il fait?
Pour me rappeler d’où je viens? au cas où je l’aurais oublié?
Pour informer le public ivoirien que c’est bien le Maroc que je représente ce soir là? Au cas où ces gens là n’auraient pas remarqué le nom de l’évènement “village du Maroc”, ou les installations prévues à cet effet (architecture, artisanat, gastronomie, mode, musique), ou encore les nombreux panneaux 4/3 affichant mon portrait et présents dans tout Abidjan pour promouvoir le concert?

Ensuite, comment garder le drapeau sur les épaules pendant toute la durée du concert?
Comment faire pour éviter qu’il ne glisse et tombe derrière moi quand je me baisserai pour prendre mes qraqeb?

Et puis, que faire du drapeau si je le retire de mon dos??
Je l’ai étendu délicatement sur la scène, devant moi.

Alors, à ceux qui ont mal interprété mon geste, sachez que, comme vous, j’aime lever notre drapeau pour soutenir nos équipes lors de compétitions sportives internationales.

Mais dans le contexte de mon travail, porter le drapeau sur la scène en chantant sonne comme un pléonasme.
Parce que, ma foi, je suis à mon humble niveau une voix et un visage du Maroc.

Mon identité s’exprime à travers mes musiques, mes textes, mes vêtements de scène, mon discours et mes actes où que je sois.

Enfin à ceux qui ont isolé cet extrait vidéo pour démontrer que je ne fais pas honneur à mon pays, je vous invite à diffuser l’intégralité de la captation du concert filmé par les chaines tv nationales, et à tendre l’oreille pour saisir la substance de mon discours – en introduction et en conclusion de ce concert à Abidjan – et pour apercevoir la couleur de mon amour pour la terre d’où je viens : le Maroc Saharien , le Maroc Africain.

Si mon corps peut rougir de fièvre ou de colère, mon coeur, lui, demeure vert, car serein et plein d’amour et d’espérance.

Oum El Ghaït Ben Essahraoui »