Johnny Hallyday est décédé à 74 ans, il entre dans la légende (VIDÉOS)

Enfance compliquée, alcool, maladie, drogue… Johnny Hallyday semblait immortel après avoir tant de fois joué avec la vie, mais à 74 ans, le rockeur a tiré sa révérence et nous sommes abasourdis. Retour sur les coups durs de l’idole d’une génération qui a vécu “pour le meilleur”… et aussi pour le pire.

 

Johnny Hally­day est parti. J’écris ces mots sans y croire. Et pour­tant c’est bien cela. Mon homme n’est plus. Il nous quitte cette nuit comme il aura vécu tout au long de sa vie, avec courage et dignité. Jusqu’au dernier instant, il a tenu tête à cette mala­die qui le rongeait depuis des mois, nous donnant à tous des leçons de vie extra­or­di­naires. Le cœur battant si fort dans un corps de rocker qui aura vécu toute une vie sans concession pour son public, pour ceux qui l’adulent et ceux qui l’aiment.” Ce sont par ces mots que Laeticia Hallyday a annoncé le décès de Johnny Hallyday à 74 ans, via un communiqué à l’AFP.

 

Le Taulier s’est éteint dans la nuit du mardi 5 au mercredi 6 décembre 2017, à 2h44, dans sa maison de Marnes-la-Coquette. L’icône du rock est dans le cœur des Français depuis le début de sa carrière. Autant dire, depuis Mathusalem. Monument de la chanson, rockeur à la vie tourmentée, le chanteur laisse derrière lui toute une génération de fans qui l’ont suivi dans les vicissitudes de sa vie. “Ma vie a été un tunnel de souffrances“, confiait-il à Télérama. Il est vrai, “l’idole des jeunes” a encaissé une multitude de coups durs.

 

Son père, sa faiblesse

 

Sa blessure la plus profonde, jamais réellement refermée, c’est celle qu’a laissée son père, Léon Smet. Alcoolique et coureur de jupons, il est absent durant toute l’enfance du petit Jean-Philippe Smet. Dans l’émission Un jour, Un destin, Amanda Sthers, amie de Johnny, raconte une anecdote effarante. “Lorsque Jean-Philippe avait 3 mois, son père l’a laissé sur le parquet de leur appartement. Il a tout pris jusqu’au berceau, pour le vendre et aller se chercher à boire”, laissant son fils allongé sur le sol.

 

Vingt ans plus tard, alors que Johnny n’a pas vu son père depuis ses huit mois, celui-ci lui rend visite à sa base militaire, où il effectue son service. “Votre père vous attend dans l’allée principale”, lui annonce le sergent. Fou de joie, le chanteur accourt avant de constater que celui-ci est venu le voir uniquement pour être capturé par les flashs des paparazzi. “Cela a été terrible pour moi… terrible. J’ai eu du mal à m’en remettre. J’ai pleuré toute la nuit”, explique-t-il à Psychologies.

 

En 1989, lorsque Léon Smet s’éteint, Johnny Hallyday est le seul à assister à l’enterrement. Cet événement hantera l’interprète d’Allumer le feu jusqu’à la fin de sa vie. Il évoque ce terrible souvenir dans sa chanson : À propos de mon père. “Il est parti vers un horizon, vers l’oubli, Il dort pour une longue nuit, J’imaginerai tout le reste, Et j’imaginerai sa vie”.

 

Hospitalisé en 2009 pour son alcoolisme, le Taulier est pris en charge par un médecin qui lui raconte une anecdote poignante. “J’avais appelé mon père toute la nuit. Je disais : ‘papa, viens me chercher, papa….'”, confie le rockeur au Journal du Dimanche. Malgré son grand âge, Johnny Hallyday scandait le nom de son père comme un petit garçon.

 

Le manque d’un père a hanté la vie de Jean-Philippe Smet, mais l’artiste a puisé son talent dans ses souffrances. Il est parvenu à transformer ses faiblesses en force. “Je ne lui fais pas de reproches parce que si j’avais été choyé par un père, je ne serais peut-être pas devenu ce que je suis”, révèle-t-il à Psychologies.

 

Tentatives de suicide

 

Souvent tourmenté, Johnny Hallyday a tenté de se suicider à plusieurs reprises. Son ami Jean-François Figaret rapporte, à propos d’une soirée de la fin des années 50 :  “Un jour, nous sommes allés dans une boum. Johnny était fou amoureux d’une fille que nous appelions “p’tit bout”. Ils ont eu tous deux une explication orageuse. Johnny s’est enfermé dans la salle de bains pour se…suicider. Nous avons dû défoncer la porte. Il avait commencé à s’ouvrir les veines”.

 

Quelques années plus tard, en 1966, le chanteur traverse une mauvaise passe : ses disques ne se vendent pas comme il le souhaiterait et les relations avec son épouse, Sylvie Vartan, sont tellement orageuses que celle-ci demande le divorce. Désemparé, il tente à nouveau de se suicider en se taillant les veines et en avalant des barbituriques, mais cette fois, le rockeur échappe à la mort de justesse. Il est pris en charge à l’hôpital de Lariboisière où il peut être sauvé à temps.

 

L’alcool, une épée de Damoclès

 

Comme James Dean, son héros, Johnny Hallyday vit à 100 à l’heure. Pendant longtemps, il enchaîne alcool, drogues et autres déboires. “Je fais un métier qui repose sur l’angoisse. On commence par un verre pour se donner confiance, on finit par la bouteille”, avait-il déclaré au Monde, en 1991.

 

Pour se sevrer de la quantité d’alcool -“incroyable”, selon les médecins – qu’il ingérait tous les jours, Johnny Hallyday est plongé dans un coma artificiel  pendant trois semaines, en 2009. Une expérience qui le change profondément. Là encore, le chanteur frôle la mort. Dans son ouvrage, Johnny Hallyday : La biographie vérité, le biographe Sandro Cassati raconte que le rockeur se réveille de son coma aux côtés de sa famille et de ses amis, comme Line Renaud et Charles Aznavour. Il doit réapprendre à marcher. “Dur, pour un dur comme lui”, poursuit le biographe.

 

Dans la santé, comme dans la maladie

 

Dans son titre L’envie, Johnny Hallyday chantait : “Qu’on me donne l’envie, pour que j’aime être sain, vaincre la maladie”. En juillet 2009, Johnny est hospitalisé et avoue un peu plus tard, avoir été opéré d’un cancer du côlon. Mais rien ne semble éloigner l’artiste de son public, et il confirme son statut de “bête de scène” en reprenant sa tournée seulement deux mois après.

 

Quelques années plus tard, une autre plaie s’abat sur le Taulier. Le 8 mars 2017, il révèle être atteint d’un cancer des poumons. Jusqu’au bout, il garde espoir et rassure ses fans : ses jours “ne sont pas en danger”, lit-on sur l’un de ses posts Twitter. L’artiste ne se laisse pas abattre, entre deux séances de chimiothérapie, il prépare un album et une tournée pour 2018. Dans son livre à paraître, Johnny, le guerrier, Gilles Lhote dévoile que le cancer du rockeur était déjà métastasé au moment de l’annonce de sa maladie. Le chanteur est hospitalisé quelques jours en novembre pour détresse respiratoire, mais les fans reprennent confiance lorsqu’il sort de l’hôpital. Malheureusement, l’espoir aura été de courte durée. Le Taulier a succombé à la maladie. Mais pour les admirateurs de ce monument du rock’n’roll, “Ça n’finira jamais”.

 

Retour sur ses 10 plus belles chansons :

 

Souvenir, souvenir, 1960 (Album Hello Johnny)

 

 

Noir c’est noir, 1966 (Album La génération perdue)

 

 

La musique que j’aime, 1973 (Album Dans la chaleur de Bercy)

 

 

Ma gueule, 1979 (Album Johnny à Bercy)

 

 

Quelque chose de Tennessee, 1985 (Album Rock’n’Roll Attitude)

 

 

Je te promets, 1986 (Album Gang)

 

 

 

 

L’envie, 1986 (Album Gang)

 

 

Allumer le feu, 1998 (Album Ce que je sais)

 

 

Marie, 2002 (Album A la vie à la mort)

 

 

De l’amour, 2014 (Album Rester vivant)