A la suite d’une auto-saisine de la haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA), le conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA) s’est réuni hier et a pris la décision de suspendre la diffusion de l’émission Kotbi Tonight sur CHADA TV pour une durée de trois semaines.

« Le Conseil Supérieur a également ordonné à l’opérateur de diffuser et de donner lecture sur son antenne du communiqué relatif à la sanction, à l’heure habituelle de diffusion de ladite émission », lit-on dans le communiqué de l’instance délibérante parvenu à H24Info.

Cette décision est motivée « par le relevé, dans l’émission du 3 juillet 2019 de l’émission Kotbi Tonight, d’un ensemble de manquements aux dispositions légales et réglementaires applicables à la communication audiovisuelle, en particulier celles relatives à la lutte contre la violence à l’égard de la femme, à l’obligation de maîtrise d’antenne et à la responsabilité éditoriale de l’opérateur ».

En effet, les propos tenus par le chanteur Adil Miloudi, invité de l’émission tenue le jour sus-cité, « constituent une apologie de la violence à l’égard de la femme, une incitation expresse à cette violence, présentée de manière positive comme un attribut de la virilité et une manifestation de l’affection, voire même un comportement recommandable pour la consolidation des liens conjugaux. Ces propos portent également atteinte à la dignité de la femme, la déshumanisent et en font un ‘objet de propriété’ et un être soumis que l’homme peut traiter à sa guise », explique le communiqué.

Par ailleurs, le CSCA relève que l’animateur a manqué à l’obligation de maîtrise d’antenne, relatif à la responsabilité éditoriale de l’opérateur, en ce qu’il « n’a pas réagi de manière ferme et résolue face au discours explicitement violent de l’invité; il a adopté, au contraire, un ton badin et plaisantin et laissé toute latitude à l’invité de répéter ses assertions appelant à la violence à l’égard des femmes ».

Pour rappel, Adil Miloudi avait tenu sur le plateau de l’émission des propos extrêmement violents et sexistes: « Un homme qui ne frappe pas sa femme n’est pas un homme » ou encore « Tout homme qui a une femme doit prendre soin d’elle, qu’il la tabasse ou qu’il la tue ne regarde que lui ».