Aider les femmes à réinvestir l’espace public, sensibiliser la population aux effets du harcèlement de rue sur le quotidien, pointer du doigt un phénomène de société, c’est ce qu’a fait 2M en réalisant une trentaine de capsules. Avec #Pssst, la chaîne marocaine donne la parole aux femmes et aux hommes. Des vidéos poignantes, des témoignages forts qui donnent écho à la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, qui se tenait ce 25 novembre 2018.

« Peu importe l’heure ou la destination, chaque trajet, peut vite se transformer en parcours du combattant. Qu’ils soient à pied, en voiture ou à mobylette, dans les transports, .. les harceleurs sifflent, harcèlent, insultent et vont même jusqu’à agresser physiquement et publiquement ces femmes« , c’est ainsi que 2M présente son nouveau concept #Pssst. Mais pourquoi avoir choisi de traiter ce phénomène qui gangrène nos rues? Éléments de réponses avec l’équipe de tournage de #Pssst.

« Cette capsule n’est que la première d’une série de productions propres a 2m.ma et a l’application my2M. Ce sont des productions engagées et entièrement réalisées par nos équipes. En tant que media citoyen, il est tout naturel pour le groupe d’adhérer à des campagnes internationales de cette ampleur et a des causes qui nous sont chères. Les valeurs que défend le groupe 2M a travers ses 3 médias.  La télévision, la radio et les supports digitaux« , indique l’équipe de tournage qui précise que d’autres capsules abordant des sujets de société vont se succéder.

Un format court, un témoignage parlant, un cocktail gagnant

En près d’une minute par vidéo, un passant prend la parole pour raconter son expérience vécue avec le harcèlement de rue. « On voulait vraiment des vidéos courtes avec deux valeurs de plans sans fioritures et des mots forts mis en valeur« , indique l’équipe de tournage qui souhaite que les femmes réinvestissent la rue. C’est d’ailleurs pour cela que toutes les vidéos ont été tournées dans la rue.


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Trois vidéos ont déjà été publiées sur 2M.ma depuis le 24 novembre, date de lancement des capsules #Pssst, et on peut dire que le succès est déjà au rendez-vous, malgré les difficultés rencontrées par l’équipe pendant le tournage.

Des rencontres émouvantes et des idées archaïques souvent affrontées

« On a eu beaucoup de mal à faire parler les femmes, alors qu’elles vivent cela tous les jours. Elles sont nombreuses à préférer garder le silence à cause de la pression de la société, comme si c’était de leur faute. Malheureusement, les gens ne savent pas toujours faire la différence entre la drague et le harcèlement, » précise l’équipe qui maintient avoir rencontré des « héroïnes tous les jours qui étaient prêtes à parler ».

Dans ce premier épisode, Zohor raconte une agression dans un bus. Dans un second, c’est un homme qui raconte l’expérience malheureuse d’une de ses amies, et dans le troisième, une femme explique avec émotion comment un homme l’a agressée en pleine rue, sous les yeux des passants. La parole se libère enfin, les langues se délient autour du monde, mais les préjugés sont toujours importants.

L’équipe de tournage se souvient de phrases lancées par certaines femmes interrogées: « Moi, je ne me fais pas harceler, je ne sors qu’avec mon mari ou ma mère » ou encore « c’est normal si elle se fait harceler, elle n’a qu’à mieux s’habiller« . Il y a encore du chemin à parcourir pour que les femmes puissent circuler librement dans nos rues, mais grâce à des initiatives telles que #Zankadialna, #Masaktach et #Pssst, il semblerait que nous soyons en bonne voie.

Des vidéos à découvrir sur le site 2m.ma et à la télévision 4 fois par jour durant 16 jours.