Malgré le poids de la modernité, les familles souiries demeurent attachées à leurs traditions ancestrales et accordent une attention toute particulière au premier jour jeûné par l’enfant pendant le Ramadan.

Ce jour qui est une marque symbolique du passage au monde adulte, est en effet célébré dans la famille en grande pompe avec la participation des proches, des amis et des voisins.

Cet événement heureux qui confirme que la personne est assez âgée pour avoir la responsabilité d’être membre à part entière de la communauté musulmane, se prépare de façon collective et avec sérieux pour manifester la joie de voir le garçon ou la fille arriver à observer cet acte d’obédience, à l’encourager à continuer et à lui faire comprendre que cet événement est très important dans sa vie.

Parmi les traditions ancestrales qui demeurent fortement présentes dans le vécu des Souiris figurent la tradition dite des « Sept soupes » (Sab3 Hrayr), qui tire son nom des sept repas de harira collectés chez sept familles voisines et qui seront présentés à l’enfant le moment de la rupture du jeûne.

Cette tradition ancestrale perpétuée de générations en générations, exprime l’attachement de la société souirie aux préceptes de l’Islam, notamment les valeurs de solidarité et d’entente entre voisins.

En effet, les participants à cette cérémonie collective profitent de la réunion pour renforcer la cohésion sociale et les liens familiaux, d’amitié et de voisinage.

Les familles souiries célèbrent aussi une autre tradition connue sous le nom de « Baboucha » (l’escargot). Elle consiste à faire boire à l’enfant dans son premier jour jeûné, de l’eau trempée dans les coquilles de ce mollusque gastéropode, célèbre pour son endurance et sa persévérance, histoire d’initier l’enfant à ces valeurs qui lui seront de grande utilité dans la vie.

Certaines familles, notamment celles vivant en milieu rural, encouragent leur enfant à rompre son premier jeûne dans la margelle d’un puits alors que d’autres encore préfèrent que cet enfant rompt son jeûne dans la première marche d’un escalier. Une allégorie pour faire comprendre à cet enfant que la vie est un escalier, dont l’ascension nécessite endurance et patience.

L’enfant, dans son premier jour jeûné, a droit à un traitement particulier de la part de sa famille, qui lui réserve une table spéciale en son honneur avec des mets différents des autres membres de la famille.

Souvent entouré d’invités de son âge, il bénéficie de toutes les largesses que les parents peuvent accorder à leur enfant. Les filles sont habillées comme les mariées et des cérémonies de henné sont organisées pour l’occasion.

L’enfant accompagnera par la suite son père ou sa mère pour accomplir la prière dans la mosquée la plus proche, vêtu d’un habit traditionnel, généralement un tarbouche rouge ou une toque blanche, une djellaba blanche ou jabadours (chemises et pantalons traditionnels) et des babouches jaunes ou blanches selon le goût de l’enfant, qui a droit aussi à une promenade sur la côte jadis calme, mais qui connait un afflux important pendant les soirées ramadanesques.

Dans une déclaration à la MAP, Hajja Amina souligne que le premier jour jeûné par l’enfant ressemble à une fête que l’enfant et les parents n’oublieront jamais de leur vie.

« En tant que parents, nous ressentons la fierté durant ce jour », a-t-elle ajouté, relevant que ces traditions et ces coutumes d’antan, qui caractérisent la société marocaine, doivent absolument être préservées.