Vogue met une princesse Saoudienne au volant d’une voiture et crée la polémique (PHOTOS)

La couverture du magazine Vogue du mois de juin ne plait pas à tout le monde. Vogue Arabia a décidé de mettre en une la princesse Hayfa bint Abdallah al-Saoud au volant d’une voiture rouge décapotable, talons aiguilles aux pieds. Cette couverture n’a pas plu aux militantes féminines du pays dont certaines ont été arrêtées et emprisonnées pour avoir conduit avant que l’interdiction de prendre le volant ne soit levée.

 

 

Pour rappel, en septembre dernier, le prince Ben Salmane a pris d’importantes mesures pour que les femmes saoudiennes aient plus de droits, notamment celui de conduire à partir du 26 juin 2018, de se rendre dans un stade, ou encore d’aller au cinéma.

 

Si le numéro de juin de Vogue Arabia célèbre « les femmes avant-gardistes en Arabie Saoudite », 11 militants des droits des femmes ont toutefois été arrêtés il y a quelques semaines. Suite à ces arrestations, de nombreuses Saoudiennes se sont indignées sur la toile. Explications.

 

L’avant-gardisme n’est pas donné à tout le monde en Arabie saoudite

 

 

🇸🇦“In our country, there are some conservatives who fear change. For many, it’s all they have known. Personally, I support these changes with great enthusiasm.” HRH Princess Hayfa bint Abdullah Al Saud is in the driving seat on the cover of #VogueArabia’s first-ever #SaudiIssue. The Saudi issue will launch in a monumental month, with the ban on women driving in the Kingdom set to be lifted on June 24. Read our exclusive interview with the artist and daughter of the late King Abdullah in the June issue, on shelves June 1. Cover 1 of 3 #VogueArabia 🇸🇦 Photography @boo_george_studio Fashion Direction @katieellentrotter Interview @mrarnaut Production @snapfourteen في بلدنا، بعض المحافظين يخشون التغيير. وبالنسبة لكثيرين، هذا كل ما يعرفون. وأنا عن نفسي أؤيد هذه التغييرات بكل حماس”، هذا ما صرحت به سمو الأميرة هيفاء بنت عبد الله آل سعود، والتي تظهر خلف عجلة قيادة السيارة على غلاف #عدد_الاحتفاء_بالسعودية الأول من نوعه على الإطلاق من #ڤوغ_العربية. وسيصدر عدد الاحتفاء بالسعودية هذا في شهر تاريخي يشهد تنفيذ قرار رفع الحظر عن قيادة النساء للسيارات في المملكة، والمقرر يوم 24 يونيو. اقرؤوا حوارنا الحصري مع الأميرة في عدد يونيو، والذي يتوافر في منافذ البيع اعتباراً من الأول من يونيو. #ڤوغ_العربية

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« Dans notre pays, il y a certains conservateurs qui ont peur du changement. Pour beaucoup c’est tout ce qu’ils ont connu. Personnellement, je soutiens tous ces changements avec beaucoup d’enthousiasme » a déclaré au magazine, la princesse Hayfa bint Abdullah Al Saud, la fille de l’ancien roi Abdallah.

 

Gants en cuir, talons aiguilles, longue tenue blanche, et voile laissant apparaitre quelques mèches de cheveux de la princesse, la photo prise dans le désert près de Jeddah veut prôner la modernité et le respect des droits des femmes. Sauf que les militantes n’ont pas attendu longtemps pour crier à l’injustice. En effet, 11 d’entre eux, dont des femmes ont été envoyés en prison pour avoir osé prendre le volant et critiqué le système de tutelle masculin dans leur pays.

Les militants toujours réprimés

 

Qualifiés de « traitres » par certains médias saoudiens, quatre des militants ont été remis en liberté la semaine dernière, selon Amnesty International, sans que l’on sache ce qu’il adviendra de ceux encore derrière les barreaux. Pour rétablir leur vérité, les militants se sont emparés des réseaux sociaux pour remplacer la princesse avec le visage des militantes détenues.


La militante Nora Abdulkarim, s’est emparée de Twitter pour partager avec ses abonnés la couverture qu’elle aurait aimé voir, avec des militantes à la place de la princesse.
« Vogue Arabia raconte la mauvaise histoire. À droite (la couverture originale) : mensonge..mensonge..mensonge. À gauche (photoshoppée) : la réalité (mais Lujain est en prison, payant le prix de #LesSaoudiennesConduisent)», a écrit une autre militante sur Twitter.

Si de nombreuses personnes applaudissent cette couverture, d’autres pensent que l’Arabie Saoudite a encore du chemin à faire en matière de droits des femmes.