Notre hommage à Henri Michel

Si vous vous souvenez clairement des années 90, des chouchous, des total looks denim hasardeux, des No Box et des scoubidous, vous connaissez sans doute Henri Michel. C’est grâce à cet homme que le Maroc a pu se qualifier à la coupe du monde 1998. Mais c’est aussi grâce à lui, que nous les femmes, avons pu nous passionner au football. Cette légende du foot nous a quitté à l’âge de 70 ans, ce mardi 24 avril, aux suites d’une longue maladie. Nous lui rendons hommage, parce qu’il en a appris beaucoup sur le foot, faisant un pied de nez aux préjugés réservant le foot aux soirées entre mâles dévorant une pizza.

 

 

 

« Un hors quoi ? »

 

Avant l’arrivée d’HM (Henri Michel, pas H&M) en tant qu’entraineur du Maroc, très peu de dames s’y connaissaient en jargon footballistique. Un coup de ciseau? C’est pas une manœuvre de couture ? Une tentative de meurtre façon Les Experts Aïn Sebaa? Mais tout change quand cet homme plein de charme, attachant, au caractère fort et très sensible, comme le décrit si bien Alain Giresse lors de son interview avec le Figaro devient entraîneur des Lions de l’Atlas.

 

En effet, c’est à ce moment, que nous avons appris la différence entre un hors-jeu, un coup franc et un penalty. Le hors-jeu en particulier, cette notion floue. Avant, on se demandait si le bonhomme avait arrêté de jouer d’un coup, ou si subitement il changeait de jeu, il se mettait à dribler façon basketball. On a pu crier devant notre poste : “Mais ça mérite un carton jaune !” sans crainte d’être à côté de la plaque. Parce qu’avant, un carton jaune, c’était un carton d’emballage de couleur jaune. Ben quoi! En un rien de temps, nous sommes devenues de vraies pros du ballon rond.

 

Grâce à lui et notre fascination nouvelle pour ce sport, les chaussettes hautes ne sont plus cantonnées au terrain rectangle. Bien plus d’une nécessité pour les joueurs, elles sont devenus le must have de toutes les jeunes filles pour être tendance. Avec une jupe, un short ou une robe, elles passaient avec tout. Ou presque. De là à attribuer au football l’association chaussettes-sandala dial mika, il n’y a qu’un passement de jambes.

 

Henri Michel nous a aussi donné envie d’essayer le foot. Avec lui comme entraineur, courir derrière un ballon n’a jamais eu l’air aussi exaltant. Avant, on courait pour les soldes. (cliché !)

 

Avant lui, Maroc-Brésil n’était qu’une destination à 15 000 dh le billet, et encore pas sûr d’avoir tes bagages à l’arrivée. Et, au passage, on a découvert que les brésiliens ressemblaient vachement à des marocains qui parlent portugais.

 

Avant lui, les hommes à cheveux longs, on pensait que c’était anti-viril. La hchouma absolue. Mais, Mustapha Hadji a débarqué le catogan frisé au vent, et avec lui nos a priori se sont envolés.

 

Alors, on lui souhaite un très beau match là-haut. Et un grand merci.