Cinq femmes qui ont changé le cours de l’histoire

A travers le temps, les femmes ont changé à plusieurs reprises le cours de l’histoire. Certaines d’entre elles ont été à la tête de leur royaume et ont laissé leur emprunte indélébile dans leur sillage. Des siècles plus tard, On raconte encore leur histoire. Qui étaient-elles? Qu’ont-elles fait? Des parcours extra-ordinaires de figures historiques à découvrir ou redécouvrir. Plurielle vous embarque dans sa machine à remonter le temps.

 

 

Zyneb Nafzaouia, La conquérante

(1039-1117)

 

“À son époque, aucune n’était plus belle ou intelligente ou mordante … elle était mariée à Youssef, qui a construit Marrakech pour elle” Muhammad ibn Tusi dans Kitab al-Istibsar. 

Conquérante, grande stratège, figure emblématique du Maroc, Zayneb Nafzaouia était une personnalité d’une grande importance, à l’origine de cette destination phare, Marrakech.

Fille d’un riche marchand, Ibrāhīm an-Nafzāwi et issue de Kairouan, une ville sainte. Zayneb a fait preuve dès son plus jeune âge, de sagacité et de pertinence à l’égard de la politique. Elle ne trouve d’attrait qu’à l’homme partageant ses ambitions d’expansion, Youssef Ibn Tachfin. Elle l’épouse en quatrième noce et l’aide à bâtir un immense empire. Son esprit aiguisé lui vaut le surnom de “magicienne”. On contait des histoires occultes à son propos pour justifier son génie. Zayneb, eut le titre de reine et décida de l’emplacement de Marrakech.  Elle déclara “Dans ce long espace de lumière, bordé d’un côté par les neiges, de l’autre par le feu, tout se transforme en une seconde“, rapporte la journaliste historique Zakya Daoud dans son ouvrage. Ainsi, celle que je surnommerai l’Athéna orientale, fit son entrée dans la postérité.

 

Cléopâtre VII, La stratège

(60 av. Jésus Christ – 12 Août 30  av. J.C)

 

Lorsque l’on entend Egypte Antique, on pense Pharaons, pyramides, sphynx… sans oublier l’incontournable Cléopâtre.

Qui était-elle? Pourquoi symbolise-t-elle l’ancienne Egypte presque autant qu’Alexandre Le Grand? Connue pour sa beauté légendaire, elle fut la dernière reine d’Egypte de la dynastie Plotémées.

Comme les mariages consanguins étaient de coutume pour préserver le pouvoir, elle fut contrainte d’épouser son jeune frère qui devint vite une menace. Réfugiée en Syrie, elle revint vite le devancer en demandant l’aide de Jules César. Ce dernier passe de héros à amant, ce qui scandalisa l’Empire Romain. Après l’assassinat de Jules César, elle retourna en Egypte pour sa sécurité et celle du fruit de leur amour, Césarion. Son alliance avec Rome devait être renouvelée. Elle rencontra Marc Antoine, consul du sénat et tomba sous son charme. Encore une fois, ce fut inacceptable pour les Romains qui n’avaient plus qu’une idée en tête, annexer l’Egypte. La guerre fut déclarée et les Romains réussirent à les capturer séparément. L’humiliation et le chagrin les poussèrent à se suicider chacun de leur côté et la rumeur veut que Cléopâtre ait utilisé un serpent. Intéressant comme choix de poison…Le genre d’histoire qui avait inspiré Shakespeare pour écrire la pièce de théâtre, « Antoine et Cléopâtre ».

 

Kahina , la guerrière

(Date de naissance inconnue – 703)

 

 

 

Symbole de la résistance Amazighe, considérée comme la première féministe de l’histoire elle s’est battue une grande partie de sa vie contre l’envahisseur arabe. Kahina avait le don de galvaniser ses soldats et était un stratège hors pair.

Alors que la dynastie des Omeyyades fonde vers l’an 670 un point d’appui à Kairouan afin de conquérir le Maghreb pour étendre la religion musulmane, des tribus berbères installées dans les montagnes des Aurès luttent contre l’invasion arabe. La Kahina, celle dont on ne connait pas vraiment le prénom, se dresse contre l’envahisseur et rallie d’autres tribus berbères  à sa cause. Nous sommes à la fin du VIIème siècle, Hassan Ibn Numan est à la tête des armées Omeyyades.  Kahina, monarque la plus puissante de l’Ifrikia s’oppose à son adversaire et s’arme d’hommes et de ruse pour prendre d’assaut l’armée Omeyyade  lors d’une embuscade et s’assure la victoire. Son peuple garde la liberté de culte encore quelques années. Magnanime – une vertu qui n’aide malheureusement pas dans le milieu de la guerre – elle adopta le neveu du gouverneur pendant ses cinq année de répit . C’était peut-être sa plus grosse erreur car ce dernier resta fidèle à son oncle Hassan Ibn Numan qui se battra jusqu’à anéantir la reine berbère. Une trahison qui couta à la reine, ses troupes, son titre, et sa tête. Celle qui a fait de sa vie, un combat contre l’envahisseur aurait pu changer l’histoire.

 

Elizabeth 1ère, La reine vierge

(1533-1603)

 

L’ère Elizabéthain est connue comme celle de William Shakespeare qui s’est inspiré des intrigues de la cour pour ses écrits.

La reine Elizabeth était considérée comme l’un des plus grand souverain d’Angleterre car son règne était long et prospère bien qu’il fut en tout point menacé. On la surnomme la “reine vierge” car elle fit le vœu de ne jamais épouser d’homme, elle choisit d’épouser son pays. “Je sais que j’ai le corps d’une femme faible et fébrile, mais j’ai le cœur et l’estomac d’un roi et d’un roi d’Angleterre aussi.” Ses paroles n’étaient pas vaines.

Elizabeth 1ère est la dernière du clan Tudor, fille du célèbre Henri VIII. Elle s’est retrouvée à la tête d’un pays partagé entre le protestantisme et le catholicisme, exposée á des divisions et des escarmouches sanglantes. Contrairement à ses prédécesseurs, elle n’imposa aucune religion. Elle prônait l’union et la paix, bien qu’elle fût menacée par les fervents catholiques qui voulaient la destituer. Elle fit face aux machinations de ses opposants et installa prudemment le rite anglican, ce qui lui valut l’excommunion par le pape. Comme si ce n’était pas assez, il a fallu qu’elle combatte l’“Invincible Armada” d’Espagne qui lui a déclaré la guerre. Fort heureusement, Elizabeth avait plus d’un tour dans son sac. Ses troupes maritimes étaient puissantes et la menèrent vers la victoire. Il est bien peu de dire que les révérences sont méritées.

 

 

Jeanne d’Arc La courageuse

(1412 – 1431)

Héroïne de France, guerrière, dotée d’un immense courage, elle joue un rôle important pendant la guerre de 100 ans opposant les français aux anglais. On ne reconnut ses exploits que des siècles après sa mort, et elle fut canonisée en 1920 par le pape Benoît XV.

L’étrange Jeanne D’arc, pieuse et illettrée, voit le jour à Domrémy. En ces temps de guerre, les gens se confondaient en prophéties et superstitions. On disait alors qu’une jeune pucelle libèrerait la France. On racontait qu’elle parlait souvent toute seule, affirmant que des saints l’exhortaient à combattre auprès du roi. Elle justifiait ainsi le fait qu’elle vêtit l’habit de soldats afin de libérer Orléans du siège des anglais. Charles VII, avec l’espoir qu’elle soit la pucelle de la prophétie, lui accorda son autorisation et lui offrit une garde et une armure. Jeanne apprit à manier l’épée et après une rude bataille, elle remporta la victoire. Mais la guerrière, non rassasiée continua le combat jusqu’à ce qu’elle soit blessée et capturée par les camps adverses. On la jugea alors hérétique et elle fut condamnée au bûcher.