Une enquête menée par Sunergia pour le compte de l’Economiste laisse entrevoir une triste réalité qui touche de plein fouet les femmes du Maroc.

Aujourd’hui plus que jamais, le mythe de l’Eldorado attise la convoitise des Marocains, de plus en plus nombreux et de plus en plus jeunes à caresser le rêve de l’exil.

Pour ces candidats à un ailleurs plein de promesses, partir rime avec meilleur travail et de facto, meilleures conditions de vie. Mais pas seulement, ce ras-le-bol grandissant prend également racine dans un malaise social nourri à l’incivisme. Autant de facteurs qui exacerbent, à tord ou à raison, le sentiment que l’herbe est plus verte ailleurs.

Aujourd’hui, cette envie de prendre le large ne touche pas seulement les plus démunis et candidats au hrig. A chaque couche sociale, à chaque âge et chaque sexe ses motivations. In fine, ils sont 4 Marocains sur 10 à rêver d’ailleurs.

A chaque âge ses raisons

Du côté des 15-24 ans, ils sont plus de 59% à chercher à partir, suivis de près par les 35-44 ans motivés par l’exil à plus de 42% et enfin par les 25-34 ans, qui déclarent quant à eux vouloir quitter le Maroc à plus de 40%.

Les sexagénaires sont les moins sensibles à un grand départ avec seulement 1 personne sur 10 âgée de plus de 65 ans à être prête à faire ses valises.

Le ras-le-bol des Marocaines

Élément de surprise de cette enquête : les femmes. Et pour cause, elles sont 5 sur 10, soit la moitié des Marocaines, à envisager un départ du Maroc si l’occasion se présentait contre 31% du côté des hommes. La tendance selon laquelle l’homme serait celui qui part est ici inversée, analyse le sociologue Jean Zaganiaris dans les pages de l’Economiste.

« J’ai choisi de quitter mon pays, ma famille, mon petit confort, pour le même salaire et un poste moins valorisant, tout en sachant qu’à l’étranger j’aurai des charges en plus. Mais l’envie de vivre dans un pays qui me concède des droits et m’assure de la sécurité devenait un besoin primordial« , confie au journal, Zineb, récemment installée à Budapest, en Hongrie.

L’insécurité… Un élément essentiel de cette étude qui fait également ressortir que les Marocains vivant en milieu urbain, sont ceux qui souhaitent le plus quitter (42%), contre plus du tiers de ceux issus des zones rurales.

L’argent ne fait plus le bonheur

Les plus démunis, ceux qui souffrent le plus, pointent également du doigt le peu de confiance en l’Etat, la défaillance du système de santé et éducatif…

Si la classe désargentée considère ne rien perdre en partant, les chiffres sont tout aussi alarmants chez les couches sociales plus aisées et de manière générale chef les diplômés qui sont 9 sur 10 à vouloir évoluer professionnellement sous d’autres cieux.

A propos de l’enquête :

L’enquête a été réalisée par téléphone (appels téléphoniques aléatoires sur système CATI) du 10 au 15 octobre sur un échantillon de 1.000 personnes sur 5.342 contactées. L’échantillon est composé de 49% d’hommes et 51% de femmes et compte 40% de ruraux contre 60% de citadins.