« Hamri le chiffonnier » est un projet écologique et respectueux de l’environnement porté par l’association Bahri. Cette initiative qui a reçu le prix Lalla Hasna en mars 2017, œuvre depuis 2015 à récupérer les déchets chez les particuliers et les entreprises. Faites le tri ! 

 

Hamri, 50 ans est le premier chiffonnier à avoir été approché par l’association. « La rencontre avec Hamri s’est faite par hasard. Il récupérait les déchets pour quelques dirhams », nous confie Nadia Jacquot chargée de projet de l’association Bahri. C’était il y a près de quatre ans, aujourd’hui Hamri porte un uniforme, possède un triporteur, un agenda et un téléphone portable, il bénéficie également d’une sécurité sociale, et a triplé ses revenus mensuels. Avec une demande en augmentation constante, l’association a dû recruter Meski, un second chiffonnier qui bénéficie du même régime que son prédécesseur. 

 

 

Comment faire appel à eux ? Il suffit de vérifier leur planning sur la page Facebook « Hamri le chiffonnier » et de passer un coup de fil à celui qui est le plus proche de son quartier. Hamri ou Meski se déplacent à bord de leur triporteur pour venir récupérer à domicile les déchets préalablement rangés et trié. Une fois débarrassé de ses déchets, on règle le chiffonnier qui récolte la totalité des gains. Afin de faciliter la tâche aux écologistes affirmés ou novices, l’association a mis en ligne un tutoriel ludique pour expliquer le métier de chiffonnier et son intérêt pour l’environnement.

 

Reconnaissance à la clé

 

« Les choses se sont arrangées, je me sens plus respecté, cela va de mieux en mieux », s’enthousiasme Hamri. Père de quatre garçons et d’une fille, Hamri doit subvenir aux besoins de sa famille installée dans la campagne de Safi. Depuis qu’il est encouragé par l’association, le chiffonnier confie pouvoir payer les frais de scolarité de ses enfants tout en protégeant l’environnement. « Les gens m’appellent de plus en plus, c’est plus simple pour eux de nous appeler que d’attendre qu’un chiffonnier informel passe dans le quartier, on ressent aussi moins de « hogra » lorsque l’on porte l’uniforme », indique Hamri, ravi.

 

 

Récupérer les déchets directement chez les personnes permet également d’éviter de fouiller dans les ordures, et d’éviter l’accumulation de déchets dans les décharges publiques. « Si Hamri le chiffonnier remporte un tel succès, c’est surtout grâce à lui, le choix du chiffonnier est très important, il vend ses services et se doit de fidéliser sa clientèle », nous explique Nadia Jacquot.

 

 

De l’importance de protéger  son environnement

 

 

Au Maroc, les chiffonniers qui exercent de manière informelle souffrent d’une grande précarité. Ce métier peu valorisé est ignoré par beaucoup mais indispensable pour l’environnement. À travers cette initiative, l’association Bahri souhaite apporter un nouveau souffle à ce métier et surtout sensibiliser les Marocains à l’importance du tri sélectif et à la protection de l’environnement.

 

Un projet qui semble porter ses fruits puisque l’association compte faire appel à un troisième chiffonnier pour aider Hamri et Meski. Les chiffonniers qui de coutume ne sont pas respectés, sont des acteurs en faveur de la protection de l’environnement, ils sont amenés à participer à des ateliers dans les écoles et tiennent même des conférences afin de sensibiliser et de former les Marocains au tri des déchets.

 

 

Une initiative ambitieuse qui pourrait s’étendre à d’autres villes du Maroc, même si pour le moment la priorité est réservée à Casablanca. Hamri a vu sa vie changer et s’améliorer, tout en façonnant une nouvelle manière de respecter l’environnement et de le protéger. Un projet que l’on applaudit !