Les résultats préliminaires de la deuxième enquête nationale sur la prévalence de la violence à l’égard des femmes, présentés mardi à Rabat, ont démontré que le taux de prévalence de la violence à l’égard des femmes est de 54,4% au niveau national.

Le taux de prévalence de la violence à l’égard des femmes en milieu urbain est de 55,8%, alors que dans le milieu rural, il a atteint 51,6%, selon les résultats de cette enquête, effectuée au niveau des 12 régions du Royaume entre le 2 janvier et le 10 mars 2019.

 

Présentée par la ministre de la Famille, de la Solidarité, de l’Égalité et du Développement social, Bassima Hakkaoui, cette enquête relève que les groupes d’âge les plus vulnérables sont les femmes âgées de 25 à 29 ans (59,8%).

 

54,4% des fiancées et 52,5% des femmes mariées victimes de violences

Les violences dans le contexte conjugal présentent les taux de prévalence les plus élevés, indique la même source, précisant que 54,4% des fiancées et 52,5% des femmes mariées ont été victimes de violences au Maroc.

Concernant les violences dans les lieux publics, 12,4% des Marocaines âgées de 18 à 64 ans ont subi au moins une violence. Le pourcentage de femmes victimes varie entre le milieu urbain et le milieu rural, dans le sens où les femmes dans monde rural, particulièrement dans l’intimité de la vie conjugale, sont plus exposées à la violence, avec 19,6%, contre 16,9% pour les femmes en milieu urbain.

Cette population est plus exposée à la violence dans le milieu de l’éducation, avec 25,5%, contre 21,6% des étudiantes en milieu urbain.

Quant à la violence électronique, 13,4% des femmes ont déclaré en avoir été victimes. Selon les données obtenues, les jeunes filles sont plus vulnérables à ce type de violence. De même, le harcèlement représente 71,2% des actes de cyber-violence.

 

Peu de femmes portent plainte

Un total de 54,4% des femmes ont subi au moins une forme de violence, environ un tiers (32,8%) d’entre elles ont été victimes de plus d’une forme.

S’agissant des actions entreprises par les femmes après avoir été exposées à la violence, Bassima Hakkaoui a indiqué que le silence figure parmi les facteurs qui aggravent la tragédie des femmes violentées, notant que la proportion de femmes qui se sont adressées à une personne ou à une institution est de 28,2%, dont les femmes urbaines représentent 31,7% et les femmes rurales, 20,9%.

Le pourcentage de femmes violentées qui ont porté plainte contre leur agresseur est de 6,6%, a-t-elle précisé, en indiquant que les femmes des villes représentent 7,7%, contre 4,2% chez les femmes vivant en milieu rural, qui sont violentées.

Elle a, dans ce sens, souligné que la deuxième enquête nationale sur la prévalence des violences à l’égard des femmes a pour objectif de produire des données et des statistiques nouvelles sur ce phénomène au Maroc, à travers la détermination de la prévalence de celles-ci dans le royaume conformément à la définition des formes de violence prévues par la loi n° 103.13 sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes, en vue d’accompagner sa mise en œuvre.

Cette enquête vise, en outre, à identifier les caractéristiques des femmes victimes de violence et leur statut socio-économique, ainsi que les caractéristiques des auteurs de ces violences et leur statut socio-économique, à même de développer une nouvelle stratégie de lutte contre ce phénomène multiforme, basée sur de nouvelles données et de capitaliser les résultats de la recherche pour identifier les besoins nécessaires dans les initiatives de lutte contre les violences, a indiqué la ministre.