« Pourquoi les musulmans ne condamnent pas les attentats? »

Au lendemain des attentats qui ont frappé Bruxelles, Ismaël Saidi tente de livrer une réponse à toutes ces personnes qui posent à chaque nouvel attentat « Mais pourquoi les musulmans ne descendent pas dans la rue pour se désolidariser de ces actes ? ». Cet auteur et réalisateur de cinéma belgo-marocain, de télévision et de théâtre se retrouve dans ce sujet grâce à sa pièce théâtrale «Djihad» qui raconte les aventures tragi-comiques de trois paumés qui ne jurent que par Allah même s’ils n’ont jamais lu le Coran et qui choisissent d’aller combattre en Syrie.

Pour mettre fin à ce débat, Ismaël n’y va pas par quatre chemins et choque pour secouer les mal intentionnés. Pour le réalisateur, les musulmans ne descendent pas en masse dans la rue pour condamner «Parce que nous sommes en train de conduire les taxis qui ramènent gratuitement la population chez elle depuis hier… Parce que nous sommes en train de soigner les blessés dans les hôpitaux… Parce que nous conduisons les ambulances qui filent comme des étoiles sur nos routes pour essayer de sauver ce qu’il reste de vie en nous… ». Dans son plaidoyer, Ismaël ajoute que les musulmans ne sortent pas « parce que nous sommes à la réception des hôtels qui accueillent les badauds gratuitement depuis hier… Parce que nous conduisons les bus, les trams et les métros afin que la vie continue, même blessée… Parce que nous sommes toujours à la recherche des criminels sous notre habit de policier, d’enquêteur, de magistrat… Parce que nous pleurons nos disparus, aussi… Parce que nous ne sommes pas plus épargnés… Parce que nous sommes doublement, triplement meurtris… ». Les musulmans ne descendent pas également, selon lui, «parce qu’une même croyance a engendré le bourreau et la victime… Parce que nous sommes groggy, perdus et que nous essayons de comprendre… Parce que nous avons passé la nuit sur le pas de notre porte à attendre un être qui ne reviendra plus… Parce que nous comptons nos morts… Parce que nous sommes en deuil… Le reste n’est que silence…». Tout est dit…