Après l’abandon d’un nouveau-né prématuré dans les toilettes de l’aéroport international de Doha, capitale du Qatar, des passagères révèlent avoir subi de force des examens corporels poussés dans le but de retrouver la mère.

 

L’aéroport a simplement indiqué qu’il avait été demandé à des femmes, début octobre, « de participer » à des requêtes visant à localiser la mère du bébé, qui est toujours en vie, selon un communiqué. Ces femmes, dont le nombre n’a pas été précisé, ont été débarquées de plusieurs avions et conduites dans des ambulances où elles ont subi des examens pour savoir si elles avaient accouché récemment. Le Qatar pratique en effet la loi islamique qui punit sévèrement les femmes qui tombent enceintes hors mariage. « (Les fonctionnaires) forçaient les femmes à subir des examens corporels, essentiellement des tests forcés de Papanicolaou (des frottis, ndlr) », a déclaré dimanche à l’AFP une source à Doha qui a été informée d’une enquête interne sur l’incident. Des Australiennes et semble-t-il une Française ont été l’objet de ces examens forcés.

 

Les femmes en « état de choc »

Un avocat australien originaire de Sydney, Wolfgang Babeck, qui était passager de l’un des vols affectés, a raconté à l’AFP que les femmes soumises à ces examens étaient revenues vers l’avion « dans un état de choc », après avoir dû se déshabiller et dénuder la partie inférieure de leur corps pour être examinées par une femme médecin. « Elles étaient toutes bouleversées, certaines étaient en colère, l’une pleurait, et personne ne pouvait croire ce qui venait d’arriver », a déclaré M. Babeck, qui estime que l’incident pourrait constituer « une violation du droit international ». Le ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce a pour sa part indiqué à Seven News avoir « fait officiellement part aux autorités » du Qatar de ses « graves inquiétudes concernant l’incident ». Il a ajouté avoir « reçu l’assurance que des informations détaillées et transparentes sur l’événement seraient bientôt fournies » par le Qatar. « Il s’agit d’une suite d’événements extrêmement, extrêmement perturbante, choquante, préoccupante », a déclaré Mme Payne, ministre australienne des Affaires étrangères. « Nous avons exprimé très clairement nos préoccupations aux autorités du Qatar », a-t-elle dit, ajoutant que la police fédérale australienne avait été saisie de l’affaire.

 

Des recherches vaines ?

Si la compagnie Qatar Airways n’a pour le moment fait aucun commentaire, l’aéroport de Doha a appelé dimanche à ce que la mère du bébé se manifeste, laissant penser que les examens n’avaient servi à rien. « Le nouveau-né reste non-identifié, mais il est en bonne santé aux mains du personnel médical et social », a indiqué l’aéroport, appelant toute personne ayant des informations sur la mère à les communiquer.