Âgé de 31 ans, Badr Bouzoubaâ est un casablancais passionné de cinéma et surtout de photographie. Enchaînant les expositions centrées sur l’humain, il présente désormais un nouveau projet intitulé Faces Project. Son ambition? Réaliser des portrait dénués de fioritures, révélant ainsi des visages neutres et vrais. Rencontre.

 

 

Plurielle: Décrivez-nous le Faces Project…

 

Badr Bouzoubaâ: Faces Project est comme une sorte de manifeste qui souhaite dénoncer la sur-représentation photographique de soi que l’on retrouve aujourd’hui de manière fréquente à travers les différents médiums comme les smartphones ou autres.

 

 

Quels messages souhaitez-vous y véhiculer?

 

 

A travers ce projet, j’ai juste essayé de remettre en question les canaux de la beauté tels qu’ils nous sont représentés dans les « mass média » à partir de la moitié du siècle dernier et qui se sont aggravés avec les selfies, snapchat et les filtres factices que ces derniers offrent.

 

 

S’agit-il d’un pied de nez à la culture de l’image de soi telle qu’elle est véhiculée dans nos sociétés actuelles ?

 

 

Ce n’est pas forcément un pied de nez. Mais juste une mise en lumière d’un constat que tout le monde ressent de manière consciente ou inconsciente.

 

Comment définissez-vous la beauté?

 

La beauté est subjective et n’est pas relative à une image ou à une pose.

 

 

Y a-t-il une différence entre la beauté féminine et masculine, laquelle?

 

 

La différence réside peut-être dans la subjectivité de celui qui regarde. Que ce soit le regard que porte un homme envers une femme et vice versa tout en restant loin du stéréotype des « mass média ». C’est comme un jeu de miroir.

 

 

Les nouvelles technologies ont démocratisé la photographie, tout le monde peut-il être photographe?

 

 

Il y a eu la démocratisation de l’appareil photographique. Mais le regard à l’œil nu (sans appareil) n’a pas été démocratisé et c’est là que réside la magie.

 

 

Que pensez-vous des selfies?

 

 

A mon humble avis, je pense qu’il faut les consommer avec modération car on peut facilement tomber dans l’égo démesuré et la surreprésentation.

 

 

Qu’avez-vous pu observer quant au rapport des marocain(e)s avec la photo?

 

 

On veut toujours avoir une image sublimée de nous même qui nous fait rappeler telle ou telle icône ou star. Mais ça c’est un phénomène mondial.