Véritable trampoline pour booster l’ego des jeunes, les réseaux sociaux sont devenus des  journaux intimes publics destinés à la mise en avant d’une marque : la leur. Mais alors que le monde n’a jamais été aussi connecté, une étude pointe un paradoxe : la solitude augmente avec l’usage des réseaux sociaux.

ISOLEMENT ET NARCISSISME

Passer trop de temps sur Facebook, Instagram, YouTube, Snapchat, Tik Tok et autres réseaux sociaux, censés favoriser l’interaction entre les internautes, aggrave le sentiment d’isolement. Chez les gros usagers (plus de deux heures par jour) cette communication virtuelle dissimule un sentiment de solitude, mis en lumière à l’aune des réponses des participants.

L’enquête fixe un seuil au-delà duquel ce risque psychologique apparaît : à partir de 2 heures par jour passées sur les réseaux sociaux, les utilisateurs sont deux fois plus vulnérables au sentiment d’isolement par rapport à ceux qui n’y vont que 30 minutes par jour. Bien que les réseaux sociaux semblent, à première vue, offrir des opportunités pour combler un vide social, ils ne sont pas la solution que les gens espèrent. Essayons de comprendre comment les réseaux sociaux ont exposé à la lumière du jour le Narcisse qui sommeillait en nous/eux.

LA COURSE AUX LIKES

1 like… 2 likes… 128 likes. Génial ! Les gens aiment ce que nous publions. Aujourd’hui, notre popularité et l’intérêt que nous porte notre audience sont quantifiables grâce aux nombres d’abonnés, de petits coeurs, de pouces en l’air ou encore au nombre de vues. C’est ce qui fait (en partie) notre bonheur. Plus le chiffre est haut, plus on est satisfait. Et on nous rappelle partout à quel point on est aimé, admiré, adulé (ou pas). Car ce fonctionnement peut rapidement se transformer en cercle vicieux. Le jour où notre publication ne remporte pas le nombre de likes espéré, notre estime de soi va en prendre un coup et la déception va nous envahir. On va s’imaginer que notre communauté ne nous aime plus ou moins.

On va alors commencer à se comparer aux autres, regarder combien telle personne a récolté de likes et tenter de comprendre pourquoi. Pour y remédier, certains vont essayer de publier du contenu toujours plus fou, intime, voire « sexy » en espérant renverser la tendance. Un comportement qui pourra, à terme, se retourner contre eux. En effet, il n’est pas sans savoir qu’aujourd’hui, de nombreux employeurs scrutent les comptes LinkedIn mais aussi Facebook et Instagram des jeunes avant de les engager. Il faut donc faire attention à ce que l’on publie !

Chez les plus jeunes, des photos compromettantes peuvent aussi être sources de chantage et mener au harcèlement scolaire. Enfin, cette course aux likes peut parfois être dangereuse : on va vouloir réaliser le challenge à la mode même s’il s’avère néfaste pour la santé, on va prendre des risques inutiles pour réaliser la photo à la mode et on peut même commencer un régime draconien pour espérer afficher la même silhouette que notre influenceuse préférée. Il est donc important de prendre de la distance avec ces réseaux sociaux pour ne pas qu’ils deviennent trop envahissants et qu’ils ne commencent pas à régir notre vie.

Ce n’est pas un nombre de likes qui peut définir notre valeur, surtout lorsque l’on sait qu’aujourd’hui, les likes s’achètent et que les photos postées sur ces plateformes sont loin de refléter la réalité ! Il est donc très important que les parents expliquent tous les méfaits des réseaux sociaux à leurs enfants et les préservent de leurs effets parfois destructeurs.

AUTOPROMOTION ET DISTINCTION SOCIALE

Aujourd’hui, tout se partage… Danse, voyage, make-up, plats … La pertinence du contenu n’est pas primordiale. Chaque instant vécu est propice à être publié sur les réseaux sociaux. Instagram, Facebook, Snapachat ou encore Tik Tok, les plateformes sont nombreuses, ce qui offre une très large visibilité. Lorsque nous publions, principalement des photos, nous avons le même but : susciter l’intérêt. Pour y parvenir, un principe simple: s’afficher. Cependant, ce focus sur soi peut aussi révéler un manque de confiance.

Plus nous serions narcissiques, plus notre activité sur Facebook serait élevée ; et moins nous aurions d’estime de soi, plus les informations partagées seraient destinées à nous mettre en avant. Diffuser du contenu uniquement tourné sur soi résulte ainsi d’un profond besoin de reconnaissance. On a besoin que les gens voient et valident qui nous sommes et ce que nous faisons pour se sentir mieux.