Emilia Clarke à Cannes : “Une plateforme comme Star Wars vous donne une responsabilité”

Emilia Clarke est bien une reine : celle de la pop culture. Après “Game of Thrones” et “Terminator”, l’actrice anglaise s’offre un rôle dans la galaxie “Star Wars” pour le biopic sur Han Solo. On a parlé avec elle de cette nouvelle aventure et de la représentation des femmes à l’écran. Interview sur fond de Croisette.

 

Après avoir levé une armée dans Game of Thrones, Emilia Clarke fait équipe avec Han Solo dans le film dédié à la jeunesse du contrebandier le plus célèbre de la galaxie. L’actrice y joue la petite copine du pilote et sa comparse pour sa première mission à bord du Faucon Millenium. Une nana indépendante et “badass” qui a su se débrouiller seule pour s’affranchir. La Londonienne, qui incarne un renouveau des rôles féminins, nous a livré sa vision des femmes dans le cinéma.

 

 

 

En quoi Qi’Ra est-elle un bon personnage féminin?

 

Elle est amusante à jouer parce qu’elle est en conflit, elle ne sait pas de quel côté se placer, elle hésite entre le bien et le mal… ce qui est un peu le fil conducteur de la franchise Star Wars. Évoluer dans cette zone d’ombre en tant que femme, c’était vraiment cool.

 

 

 

Vous en avez marre qu’on évoque des “personnages féminins forts”, vous aimeriez qu’on dise juste “personnages féminins”. Notre manière de parler des femmes au cinéma doit-elle changer?

 

On continue d’employer les mêmes adjectifs, qui n’ont aucun sens. Rappeler aux gens d’actualiser cette phrase, d’actualiser la manière dont on parle des femmes, c’est important pour faire vivre le débat et créer un électrochoc. Les gens utilisent tellement “femmes fortes, femmes fortes, femmes fortes”… Quand on parle d’un homme fort, on imagine un bodybuilder! Ça ne reflète pas la société actuelle.

 

 

 

Qi’Ra, Daenerys Targaryen, Sarah Connor… Comment expliquez-vous inspirer ces rôles de femmes libres et résistantes?

 

Je suis tombée dans “Game of Thrones” sans savoir le succès que ça allait être. J’ai eu beaucoup de chance qu’ils aient vu en moi quelque chose qui leur a fait penser que je pouvais amener le personnage jusque-là. Maintenant, j’ai la preuve en images que je peux jouer un premier rôle féminin qui déchire tout. C’est probablement juste un manque d’imagination de la part des réalisateurs qui m’embauchent depuis (rires)!

 

 

 

Choisissez-vous vos rôles en fonction de l’image qu’ils vont renvoyer, du message qu’ils vont répandre?

C’est un mélange de choses, entre celles pour lesquelles vous voulez vous battre et les éléments que vous découvrez à la lecture du scénario. En comprenant vraiment le personnage, vous vous demandez si vous voulez prendre part à ça. Ce qui me parle à un moment donné ne cesse de changer, mais je m’interroge toujours sur qui va voir le film et quel est l’intérêt de le faire maintenant. Parfois, je suis attirée par une très bonne histoire, mais il s’avère que c’en est une parce qu’elle apporte un nouveau point de vue. Avec une plateforme aussi visible que Star Wars, vous avez forcément une responsabilité.

 

 

 

Quelle évolution espérez-vous pour le mouvement féministe de ces derniers mois?

 

J’adorerais qu’on arrive à un moment où une seule règle s’applique à tous. L’égalité à son sommet est l’objectif, quand les femmes n’auront plus à se battre. Avec un peu de chance, on est en train d’élever une génération de filles et de garçons qui pourront faire naître ça pour de bon

 

Solo : A Star Wars Story, de Ron Howard. Avec Emilia Clarke, Alden Ehrenreich, Donald Glover. Au cinéma le 23 mai.