L’émission française Sept à huit a diffusé, dimanche 10 février, un reportage consacré au chanteur marocain Saad Lamjarred, accusé de viol par plusieurs jeunes femmes. On y découvre entre autres  de nouveaux témoignages accablants.

 

Mis en examen fin août pour viol à Saint-Tropez, Saâd Lamjarred a été libéré le 5 décembre 2018 après trois mois de prison par la cour d’appel d’Aix-en-Provence, estimant que sa détention ne se justifiait pas à ce stade et qu’une mise sous contrôle judiciaire suffisait.

Dans un reportage diffusé dimanche 10 février sur TF1, l’émission  “Sept à Huit” animée par Harry Roselmack revient sur l’affaire Saad Lamjarred. Le reportage dépeint le portrait d’une superstar au succès monstre, une image qui tranche avec les graves accusations de viol et de violences qui pèsent contre lui. En plus des témoignages des présumées victimes Laura Prioul et la saisonnière de Saint Tropez, d’autres jeunes femmes ont livré des versions accablantes pour le chanteur.

Si la dernière présumée victime de l’interprète de « lam3allem » a refusé de témoigner pour Sept à Huit, Jean-Marc Fedida, l’avocat du chanteur marocain conteste fermement les faits. “Aucune trace de violence ni physique ni sexuelle n’a pu être constatée sur cette personne. Nous sommes à Saint Tropez, il est 5h40 du matin, une jeune femme décide de son plein gré de monter dans la chambre d’un garçon. Il me semble que c’est un comportement non équivoque sur la nature des relations qu’ils peuvent avoir dans cette chambre” affirme-il.

Avant elle, Laura Prioul, une française, accuse elle aussi le chanteur de viol. Face à la caméra de l’émission, la jeune femme revient cette soirée du 26 octobre 2016 dans un hôtel parisien et sur les messages de haine qu’elle reçoit de la part des fans de Saad Lamjarred qui l’accusent de mentir. La jeune femme affirme avoir reçu des offres de centaines de milliers d’euros par des saoudiens pour retirer sa plainte mais nie avoir accepté de l’argent en échange de son silence.

Un message similaire a également été envoyé à la saisonnière de Saint Tropez. On lui aurait proposé 200.000 euros pour retirer sa plainte.

De nouveaux témoignages accablants

Laura Prioul et la saisonnière de Saint-Tropez ne sont pas les seules à accuser Saad Lamjarred de viol. Laura Prioul affirme avoir reçu des témoignages de jeunes femmes qui seraient également tombées les filets du présumé prédateur sexuel, notamment une marocaine qui aurait été violée par le chanteur en 2015 dans un hôtel de Marrakech et une algérienne, à Paris en octobre 2017 chez un ami de la star.

“Il a pris ma virginité, pour cette raison je ne peux pas parler. Je pense au suicide parce qu’il m’a détruit et détruit ma vie”, a écrit l’une d’entre elle à Laura Prioul. “Je suis allée à l’hôpital. Le médecin m’a donné un certificat à transmettre à la police. Mais la police a appelé mon père et ils l’ont menacé”, dit-on dans une autre lettre envoyée à la jeune française.

Une troisième jeune marocaine a accepté de témoigner sous couvert d’anonymat pour la chaîne française. Elle affirme avoir été violée à trois reprise en avril 2015 à Casablanca. Elle aurait rencontré Saad Lamjarred lors d’une soirée à Casablanca avant de se retrouver seule avec lui. Elle décrit une personne qui change subitement de visage, qui passe rapidement de la douceur à la violence.

Au départ, la jeune femme serait allée au commissariat, couverte de bleus. Les policiers lui auraient demandé si elle était vierge au moment des faits. Au final, les autorités n’auraient pas pris sa plainte, les avocats et le gynécologue lui auraient également tourné le dos.

Une quatrième jeune femme franco-marocaine a déposé plainte à Paris en novembre 2016 pour viol contre Saad Lamjarred avant de se rétracter. Dans une lettre transmise à l’équipe en charge du reportage, la jeune femme explique avoir été violée par le chanteur en avril 2015 à Casablanca, mais que, sous la pression de sa famille, elle a dû retirer sa plainte.

“De la lumière à l’ombre”

Dans ce reportage, Sept à huit décrit un artiste adulé par les Marocains et protégé par des personnalités haut placées. Le reportage revient sur le soutien infaillible dont a bénéficié le chanteur dans son pays au début de l’affaire, notamment grâce aux nombreux sit-in qui ont été organisés par ses fans pour sa libération, mais aussi des relations privilégiées de ses parents, les artistes Nezha Regragui et Bachir Abdou.

L’émission met également en lumière le sentiment d’impunité du chanteur qui se met en scène sur les réseaux sociaux malgré les lourdes accusations qui pèsent contre lui et qui semble intouchable.

Mais depuis la plainte de Saint Tropez et son retour en prison, Saad Lamjarred a perdu beaucoup de soutien. L’avocat Eric Dupond-Moretti l’a lâché, il a été banni des ondes de plusieurs radios marocaines, le collectif marocain « masatktach » a lancé un mouvement pour dénoncer les violences faites aux femmes… l’image du chanteur marocain est fortement entachée, rappelle Sept à Huit.

“C’est un anéantissement. Vous passez de la lumière à l’ombre au sens propre comme au sens figuré en 24h à la suite de faits que vous contestez. », conclut Fedida.