Briser les clichés. Tel est l’objectif d’une photojournaliste canadienne, Lindsay Mackenzie, qui œuvre depuis 2014 à faire évoluer les mentalités et les stéréotypes liés aux pays du Moyen-Orient. Pour cela, elle a créé « Everyday Middle East » un compte Instagram qui permet à plusieurs photographes de renom de partager leurs clichés de la vie quotidienne des populations vivant dans cette région.

 

Après avoir vécu deux ans en Tunisie, en Egypte et au Yémen, Mackenzie a été choquée par la manière dont elle voyait ces pays traités par les médias internationaux. Lorsque ces derniers parlent du Moyen-Orient, c’est souvent pour annoncer des catastrophes et des nouvelles tragiques. Pourtant, ce n’est pas la réalité que vivent les habitants de ces différents pays. C’est pour mettre un terme à ces idées reçues, que la photographe a lancé le mouvement « Everyday Middle East ». « Ne pas tenir compte de la complexité, de la diversité, de la vibration et de l’humanité des gens dans ces régions mènent à cette « méconnaissance » du Moyen-Orient ce qui est vraiment destructeur » a confié Mackenzie à CNN.

 

C’est en s’inspirant du mouvement « Everydays Project » qui utilise la photo pour briser les stéréotypes que la journaliste a eu l’idée de commencer ce même projet consacré entièrement aux pays du Moyen-Orient en 2014. Elle s’est alors entourée de 23 photographes vivant ou travaillant dans ces pays afin qu’ils livrent, à travers leurs objectifs, leur réalité.

 

Avec plus de 156 000 followers, le compte Instagram « Everyday Middle East » présente des photos toutes plus touchantes les unes que les autres, qui mettent en scène des situations bien différentes de celles montrées à la télévision. Et ça, c’est la plus belle réussite du combat mené par Mackenzie !

 

Plusieurs photographes, dont des marocains, nous font alors vivre des scènes de vie quotidienne, empreintes de joie et de douceur, vécues au Maroc, en Arabie saoudite, en passant par l’Iran et Dubaï.

 

« Il y a quelque chose de vraiment spécial  dans le fait de prendre tous les jours des photos. Cela donne une réelle perspective humaine de ce qui peut être considéré comme banal. Plus important, ces photos servent a décrire la vraie vie dans cette partie du monde, qui tend à être négligée par les médias » déclare Shaima Al-Tamimi, photographe yéménite basée au Qatar, à CNN.

 

« La photographie peut avoir un impact important sur la vision du monde. J’ai été témoin de ça lorsque la chanteuse Alicia Keys a partagé l’une de mes photos. Cela a engendré un large débat sur Instagram et sur Twitter » explique Ali Al Sharji, photographe omanais.

 

 

 

En effet, après que la célèbre chanteuse ait partagé une photo d’Ali montrant une femme portant la burqa, montrant ses jambes, chaussée de chaussons de danse, les musulmans conservateurs n’ont pas manqué de critiquer la pose de la jeune femme. Selon Ali Al Sharji, cette photo a été prise dans le but de montrer que les femmes devraient avoir la liberté de choisir leurs passions, sans tenir compte des restrictions imposées par leur pays.

 

Des instants volés du quotidien, qui sont parfois porteurs de messages. Ci-dessous, une sélection de quelques clichés :

 

« Des femmes qui mangent de la barbe à papa dans la ville de Chefchaouen« .

 

« Quand il y a de la volonté, il y a toujours un moyen d’arriver à destination à Hadramout ».

 

« Un Palestinien qui joue avec son fils en face de leur maison, près de la plage dans le camp de réfugiés Al Shati dans la bande de Gaza au mois de novembre ».

 

« Des vendeuses saoudiennes qui dansent après avoir appris la nouvelle que les femmes seront désormais autorisées à conduire dès le mois de juin 2018. Elles ont alors commencé à chanter une chanson de Céline Dion qui parle de conduite et qui s’intitule « I drove all night » (j’ai conduit toute la nuit) ».

 

« Des enfants qui jouent à cache-cache dans la maison de leurs parents en Egypte ».

 

« Des enfants qui célèbrent le jour de l’Aïd au Qatar ».

 

« Deux enfants qui prennent un bain dans ce qui reste de leur maison à Gaza ».

 

« Un jeune garçon et son cheval qui se promènent sur la plage d’Ain Diab à Casablanca, Maroc ».