Depuis 2017, l’association Dar Zhor accompagne les personnes atteintes de cancer ainsi que leurs proches dans leur long combat vers la rémission. L’objectif ? Améliorer leur qualité de vie à travers une approche holistique qui repose sur différentes activités animées par des professionnels. Présentation.

Ayant elles-mêmes vécu le cancer, les trois fondatrices de l’association Dar Zhor savent à quel point le chemin de la maladie est ardu, et comme il est salutaire d’avoir recours à un accompagnement pour restaurer son bien-être physique et émotionnel. Dans une quête de sens et d’empreinte associative, elles ont souhaité ouvrir une première maison de soutien et de ressourcement pour femmes et hommes, consacrée à la qualité de vie pendant et après le cancer. Pour cela, Dar Zhor accompagne les malades à travers diverses activités, chacune ayant pour but de les rassurer, de les informer mais aussi de les aider à se sentir mieux. Groupes de parole, yoga ou encore hypnose, les ateliers sont multiples et permettent, chacun à leur manière, de tendre vers la guérison.

Quelles sont les principales missions de l’association ?

Meryem Aqallal (Membre Comité Gestion Dar Zhor) : « Véritable traumatisme, le cancer génère angoisse, douleur, bouleversements familiaux, sociaux et professionnels. Quel que soit leur contexte familial et social, les personnes touchées par un cancer sont confrontées à une forme de solitude face aux ressentis physiques et émotionnels. L’association a pour objectif de les accompagner pour les aider à restaurer leur bien-être physique et émotionnel. Dar Zhor est une maison qui contribue à la prise en charge globale des personnes atteintes de cancer, en dehors des structures de soins médicaux. Pendant et après leur traitement, ces personnes peuvent y trouver réconfort, partage et information à travers les activités proposées ».

Quelles activités proposez-vous ? Comment, chacune à leur manière, aident les patients souffrant d’un cancer ?

Vinciane Wessel (Intervenante Dar Zhor Hypnose Médicale) : « Dar Zhor propose un vaste éventail d’offres de soins et d’accompagnement. Les groupes de parole permettent aux patients d’exprimer leurs émotions et de se sentir solidaires avec les autres participants. Très souvent, les malades avouent ne pas oser parler de leur expérience et ressentis à leur entourage proche afin de les protéger et se renferment sur eux-mêmes. Grâce à l’aide du centre, ils découvrent qu’ils ne sont pas seuls et peuvent discuter avec d’autres malades de leurs parcours et émotions. Le Tai Chi Chuan quant à lui permet aux participants d’améliorer la souplesse, l’équilibre et la forme physique tout en harmonisant leur corps et leur esprit. Les études montrent en effet combien il est important de faire du sport même lorsque l’on est en traitement afin de diminuer le risque de récidive. L’hypnose médicale va permettre aux malades de retrouver une sensation de paix, de se détendre et de se relaxer. Un besoin fondamental lorsque l’on est confronté quotidiennement à la douleur physique et mentale. L’hypnose aide également le patient à reprendre confiance en lui en l’aidant à gérer son stress et les effets secondaires de la chimiothérapie (nausées, douleur, émotions). Nous proposons aussi des ateliers d’art thérapie qui sont des espaces conviviaux où l’on peut rire, pleurer, laisser aller ses émotions et laisser libre cours à sa fantaisie. Les cours de yoga et de Qi Gong permettent aux patients de se reconnecter à leur corps et donc de favoriser la gestion du stress et d’apaiser le mental en calmant les douleurs. Enfin, les ateliers de psycho énergétique sont aussi des groupes de parole qui utilisent différentes approches telles que l’EFT (technique de libération émotionnelle), l’hypnose, la PNL (programmation neuro- linguistique)… L’objectif est de relier la personne dans son unicité à son système familial et universel afin de guérir son âme et apaiser les douleurs du corps ».

Qui peut venir assister aux différents ateliers ? Les cours sont-ils payants ?

Meryem Aqallal : « Dar Zhor accueille femmes, hommes, enfants et leurs proches pendant et après les traitements du cancer jusqu’à un an après l’arrêt des traitements. Dar Zhor se veut être une entreprise sociale qui offre des services de qualité à tous, en prenant en charge les frais des personnes en situation de vulnérabilité. Il s’agit généralement de patients dont la situation financière est précaire. Mais ceux dont la situation financière le permet sont invités à contribuer à hauteur de ce qu’ils peuvent».

Le cancer est-il encore tabou au Maroc ?

Kenza Belghiti (Intervenante Dar Zhor en Art Thérapie) : « Depuis plus d’une année maintenant, je côtoie ces personnes courageuses et remarquables qui luttent quotidiennement pour traverser l’épreuve du cancer. Au cours de nos nombreuses rencontres il est apparu effectivement beaucoup d’ambivalences au sujet de cette maladie. Le mot fait d’abord très peur. Je ne sais pas si on peut parler de tabou à proprement parler car souvent la maladie a pu être nommée mais il est clair que la gêne liée à cette maladie est omniprésente : celle du regard de l’autre, celle d’infliger à sa famille des inquiétudes, celle de partager son désarroi et sa souffrance à ses proches, celle de ne pas se sentir compris et pleinement respecté dans ses besoins, celle d’affronter les changements physiques qui résultent parfois des traitements, celle de ne pas être soutenu dans le nouveau mode de vie que la maladie impose. Le tabou se trouve aussi dans le fait que les patients n’osent pas toujours assumer l’idée que ce sont dorénavant des personnes différentes, dans le sens où il y a un avant et un après la maladie. En effet, les prises de conscience permises par la maladie et liées souvent à leur état d’esprit, à la manière dont ils aimeraient dorénavant vivre leurs vies, à leurs désirs profonds, sont encore difficilement partagées ».

Pour vous inscrire aux ateliers, contactez les coordinatrices de Dar Zhor : Mme Houda Halfi: 06 61 18 87 84. Mme Wessal Qafsaoui : 06 61 23 68 50
Site web : www.darzhor.ma

 

L’intégralité de cette interview est à découvrir dans le nouveau N° de Plurielle du mois de février.